‹ Œuvres de MolièreChapitre 150 sur 541 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

MOlfSIBUA JOURDAIN.

Moi ? Non.

COVIELLE

Comment? il a un train tout à fait magnifique; tout le monde le va voir, et il a été reçu en ce pays comme un seigneur d*importance.

Par ma foi ! je ne sa vois pas cela.

COVIELLE

Ce qu'il y a d'avantageux pour vous, c'est qu'il est amoureux de votre fille.

MONSIEUR JOURDAIN

Le fils du Grand Turc ?

COVIELLE

Oui; et il veut être votre gendre.

MONSIEUR JOURDAIN

Mon gendre, le fils du Grand Turc !

COVIELLE

Le fils du Grand Turc votre gendre. Comme je le fus voir, et que j'entends parfaitement sa langue, il s'entretint avec moi; et, après quelques autres discours, il me dit: Acciam croc soler ouch alla^ moustaph gidelum amanahem varahini oussere carhulath}^ c'est-à-dire :

I. Onch alla, (1674, 82, 94 B, 1734.] Cet syllabes ouek alla temineiit le premier rers du faux refrain qu'llali ajoute à sa chanson, dans la scène nn du Sicilien : royez tome VI, p. a53 et a54; la fin, challa^ fait penser, noos dit M. Barbier de Meynard, an root arabe-tare si usité mâekallak., ■ bravo ! merreilleux ! » Pour le reste, Toyex la note suivante.

a. Le prétendu turc que bredouillent Covielle et Cléonte dans cette seéae et la suivante, ainsi que dans la scène rv de l'acte V, n*est, suivant une note qu*a bien voulu nous remettre M. Baxi>ier de Meynard, qu* • un composé de sons burlesques dénué de sens, tout comme le mot mamamouchi. Dans ce galimatias on reconnaît cependant quelques mots formés à Torientale, comme la salutation arabe talamalêqui*^ pour salant aleik, • le salut sur toi! >, jroc, pour jrok, • non », Satloe, nom propre h^eu, è prononcer en turc

• Au début de la seène toiTUite. Même teène, p . 1^5 et 176, let deu mots qoi vont étr« immédiatement reicrés.

« N*as-tu point vu une jeune belle personne, qui est la fille de Monsieur Jourdain, gentilhomme parisien ? »

MONSIEUR JOURDAIN

Le fils du Grand Turc dit cela de moi ?

COVIELLB.

Oui. Comme je lui eus répondu que je vous connoîssois particulièrement, et que j'avois vu votre fille : « Ah ! me dit-il, marababa sahem; » c*est-à-dire a Ah! que je suis amoureux d*elle ! »

MONSIEUR JOURDAIN

Marababa sahem veut dire « Ah ! que je suis amoureux d'elle » ?

Sadeue, pais d'autres termes qui se retrouvent dans les scènes torques de la Sœur de Rotron. » — Indiquons ici le petit nombre de mots que Molière a empruntés aux scènes v et vi de l'acte II ( de Rotron. Ce sont : i* les tout premiers qu*on Tient de lire, Acciam eroe soler^ et le septième gidelunti ils sont pris de la fin de la scène vi de Rotron : ■ Gimom. Acciam...? Hobacs. Acciam bien crock soler^ sen belmen, ten croch toier.,,, GiioirrB. Gki» dêiam^ etc. Horace. Chidelum Baba .* » il est dans le rAle de ce Géronte aussi bien que dans celui de son fils Horace de parler le rrai turc, et ib le parient en effet*, sauf, dit M. Barbier de Mejnard, « quelques incorrectiens dues soit à Rotron lui-m^me, soit aux premiers éditonrs; les sept premiers mots de Conelle peurent être rétablis ainsi : Akhcham khoch^ semler {*(a) machalla mousta/a guidelum; et en roici la traduction : « Ce soir, ta « parles bien, brsTol Moustapha, partons; » — 2* carbulatk^ qui est è la fin de cette première phrase et qui, sous la forme très-approchante de carhtt^ iackf termine aussi^e des phrases de Géronte dans la même scène vi de Rotron ; il n*a cependant aucun sens ; — 3* ters la fin de la scène suivante (p. 176), M'men : ce root qui est pour bilmen^ « je ne sais pas, ■ est plnsicnra lois employé par l'Horace de Rotron ; — 4* è la scène suivante, premier eoaplet de Cléonte et second de Co vielle, oqui boraf et Carigar camhoto, qui différent peu de quatre des mots forgés an hasard par l'impudent valet Erj^aste dans la scène v de Rotron : ■ Cabrisciam « ogni Bcraf^ dit-il, et on pe« après : Carigar camboco, »

• Voyez la lYotice, p. 34 et 35.

^ Le changement à'k en r dans le croc du texte de Molière pourrait s*expli(|uer par la manière dont beaucoup inclinent è faire sentir, étant malhabiles ou peu exercés à la bien rendre, la forte aspiration turque oa arabe que maroue ici Vk après le k,

• De là le Cabriciat du Sganarelle Fagotier ; Molière avait déjà mis à profit le baragouin d'Ergaste : voyez tome VI, p. 86 et p. 88, note i. Le rôle de cet Ergaste rap>pelle un peu celui de Fesclave Milphion dans nue d$ê tcèiMS dn Cartkaginois de Plante (la n'* du V* acte). %

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