MONSIEUR JOURDAIN, DORANTE, DORIMÈNE
DORANTE
Monsieur, nous venons rendre hommage, Madame et moi, à votre nouvelle dignité, et nous réjouir avec vous du mariage que vous faites de votre fille avec le fils du Grand Turc.
MONSIEUR JOURDAIN, après aToir fait les révérences à la tnrqne^.
Monsieur, je vous souhaite la force des serpents et la prudence des lions.
DORIMÈNE
J*ai été bien aise d'ctre des premières. Monsieur, à venir vous féliciter du haut degré de gloire où vous êtes monté.
MONSIEUR JOURDAIN
Madame, je vous souhaite toute Tannée votre rosier fleuri; je vous suis infiniment obh'gé de prendre part aux honneurs qui m'arrivent, et j'ai beaucoup de joie de vous voir revenue ici pour vous faire les très-humbles excuses de Textravagance de ma femme.
DORIMÈNE
Cela n'est rien, j'excuse en elle un pareil mouvement; votre cœur lui doit être précieux, et il n'est pas étrange que la possession d'un homme comme vous puisse inspirer quelques alarmes.
I . En Turquie, « on talue son égal en portant \h main sur le sein ou sur le eœur, et !k>q supérieur en U dirigeant d'abord vers la bouche, ensuite ren le front. Lorsqu*on se présente ebez les grands, on fait une profonde inclination, en portant la main droite Ters la terre et la ramenant ensuite Tara la boucbe et sur la tête. » (Mouradjea d*Ohsson, Tahlêmu général dé Pempin oikoman^ I79it in-8*, tome IV, p. 355.)
aoo LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
MONSIEUR JOURDAIN
La possession de mon cœur est une chose qui vous est toute acquise.
DORANTE
Vous voyez, Madame, que Monsieur Jourdain n*est pas de ces gens que les prospérités aveuglent, et qu*il sait, dans sa gloire ^ connoitre encore ses amis.
DOBIMÈNB.
Cest la marque d'une àme tout à fait généreuse.
DORANTE
Où est donc Son Altesse Turque? Nous voudrions bien, comme vos amis, lui rendre nos devoirs.
MONSIEUR JOURDAIN
Le* voilà qui vient, et j'ai envoyé quérir ma fille pour lui donner la main'.