ACTE I, SCÈNE III. A
Sur le choix de Tun de noas deux, Cette même amitié s^offre, sans rëpugnance, D^unir nos deux États au sort du plus heureux.
AGÉNOR
Ouï, de ces deux États, Madame, Que sous votre heureux choix nous nous offrons d*unir , 4^5
Nous voulons faire à notre flamme
Un secours pour vous obtenir.
Ce que pour ce bonheur, près du Roi votre père,
Nous nous sacrifions tous deux N*a rien de difficile à nos cœurs amoureux, 4)0
Et c^est au plus heureux iaire nn don nécessaire
D'un pouvoir dont le malheureux.
Madame, n'aura plus affaire.
PSYCHÉ
Le choix que vons m'offrez. Princes, montre à mes yeux
De quoi remplir les vœux de l'ame la plus fière, 435
Et vous me le parez tous deux d'une manière
Qu'on ne peut rien ofl&ir qui soit plus précieux.
Vos feux, votre amitié, votre vertu suprême,
Tout me relève en vons l'offre de votre foi.
Et j'y vois un mérite à s'opposer lui-même^ 440
A ce que vous voulez de moi.
Ce n'est pas i mon cœur qu'il fant que je défère
Pour entrer sous de tels liens ; Ma main, pour se donner, attend l'ordre d'un père. Et mes sœurs ont des droits qui vont devant les miens. Mais si l'on me rendoit sur mes vœux absolue. Vous y pourriez avoir trop de part à la fois, Et toute mon estime entre vous suspendue Ne pourroit sur aucun laisser tomber mon choix.
A l'ardeur de votre poursuite 45o
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iga PSYCHÉ.
Je répondrois assez de mes vœax les plas doux ;
Mais c^est panni tant de mérite Trop que deux cœurs pour moi, trop peu qu'un cœur pour De mes plus doux souhaits j'aurois Tâme gênée [vous^.
A Teffort de votre amitié *, 45 5
Et j'y vois Tun de vous prendre une destinée
A me faire trop de pitié.
Oui, Princes, à tous ceux dont Tamour suit le vôtre' Je voua préférerois tous deux avec ardeur ;
Mais je n'aurois jamais le cœur 4S0
De pouvoir préférer Tun de vous deux à Tautre.
A celui que je choisirois Ma tendresse feroit un trop grand sacrifice, Et je m'imputerois à barbare injustice
Le tort qu'à Tautre je ferois. 465
Oui, tous deux vous brillez de trop de grandeur d'âme.
Pour en faire aucun malheureux.
Et vous devez chercher dans Tamoureuse flamme
Le moyen d'être heureux tous deux.
Si votre cœur me considère 470
Assez pour me souffrir de disposer de vous^,
J'ai deux sœurs capables de plaire.
Qui peuvent bien vous faire un destin assez doux, Et l'amitié me rend leur personne assez chère,
Pour vous souhaiter leurs époux. 475
CLÉOMÈNB.
Un cœur dont l'amour est extrême
I. Vert tout compote d« monosyllabes et à noter comme le ma*, si son- Tent cité, de la Phèdre de Racine.
a. La plas douce inclination deviendrait pour mon Ame nn tourment, en Toyant IVfTort, à Tidée de IVfTort imposé à votre amitié. — Gêner a encore beaucoup de ibrce an vers 71a, et aux vers 776 et 1700 (ces denx derniers de Corneille) : voyez tome II, p, 196, note i.
3. Imite le vôtre, est égal au vôtre. Au vers 1 166, Corneille a pris tmvrê an sens de se conformer à,
4. Me permettre : vojea sur cette constroetlon, tome V, p. 53a, note 3, an vers 147g dn Mitonihrope,