ACTE I, SCtNB H. S
MONSIIUH JOURDAIN.
Je comprends cela à cette heure.
maItri di musiqui.
Voulez-vous voir nos deux affaires ?
Oui.
lathoaaiM bien aiorigiaM;... ayMut wn U r«qii4t«,... |m4mbU« |>«r...« Imi* Antoine de Baîf et Joechim Thibattlt de Courrille,,.. dêêirmiits /Vl<«è/ù#iiNtfiil tTmmê Académie on compagnie, composée tant de compotiteurt, de fhtllvti et jooeurt d^instrumeots de la mnti^ae qne dea honnétei audîteura d^ieelU, ffù non-tcalement aeroit «ne école pour aertir de pépinière d*uù M tirtront un jour portea et maaiciens, par bon art tnitruita et drcMén pour noua don* ner plaisir, maia entièrement profiteroit au public,.., permettons et aoM^ dons, etc. » Et aases récemment, en mars 1661 le roi Louis XIV avait ttau nn langage bien flatteur aussi en établissant VAcatiémie ro/ate de tlantê dont il a été parlé au rera 198 des Féekêux (tome III, p. 49, k la note). KU« « était institoée, dit M. Despoia*. par lettres patentes; lea considérants qtn le Eoi exprime dans cet acte mémorable sont curieux.... Après aroir parlé de Futilité de la danse*, il remarque que • il s*est, pendant les désordrtt « et la confusion dea dernières guerres, introduit dans ledit art, eommi «a « tons les autres, nn.... grand nombre d'abus capablea de les porter à Unr c ruine irréparable, » et c*est pour arrêter lea progrès de cette déeadenee attribuée par lui au « nombre infini des ignorants > qui se mêlent d'enseigner l'art.... et qui le « défigurent, » qu'il ordonne qne le» treise académieieai ae réunissent une fois le mois.... Cette Académie jouira dea mêmes priviléfM que l'Académie de peinture et de acniptum inatituée aoua Mnsarin en id48« On ae plaît à croire q«e le «laltre à danaer du M^mrgêpis gêmtilkêmmê devnk être de cette Aeadémie; à en juger par l'importanee qu'il atlacbe, Ini aniii, k aon art, et par les considérations politiques et soeâales qu'il eipoee ponr le faire raloir, nul ne ëerait être plus capnUe, après les agitations de la Fronde, de contribner k cette reatanration. • Ce n*eaC, observe nn peu plus loin (p. 53 1) M. Despois, qu'en 1670, dans l'année ou le Roi, âgé de trentetrois ans, cesse de prendre personnellement part ans balleta, que Molière « risque, au sujet de IHmportance attribuée k la danae, des plaisantarias qn'en 1661 le fondateur de Vjcmdémie,.», aurait bien pn prendire ponr loi»
• Dans son Théâtre franfau scue Louis XIF^ p. 33o.
k « Bien que l'art de la danae ait toujours été reconnu Pun des pins boa* nétes et plus nécessaires k former le corps et lui donner les premières at plus naturelles dispositions k toute sorto d'exercices, et entre autres k ceux des armes, et par conséquent l'un des plus arantageux et pins utiles knotrs noblesse et entres oui ont Tbonneur de nous approcber, non-seulement sa temps de guerre dans nos armées, mais encore en tomps de paix dans le dircrtissement de nos ballets.... » (Nous citons d'après le texte de ces lettres pstentes publié en brochure en i73o,cbex la reure Sangrain at Pisri^ Plvolt, avec quelques autres pièces concernant l'Aeedémie.)
6o LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
MAITRE DE MUSIQUE
Je VOUS Tai déjà dit, c*est un petit essai que j^ai fait autrefois des diverses passions que peut exprimer la musique.
MONSIEUR JOURDAIN
Fort bien.
MAÎTRE DE MUSIQUE
Allons, avancez. Il faut' vous figurer qu*ils sont habillés en bergers.
MONSIEUR JOURDAIN
Pourquoi toujours des bergers ? On ne voit que cela partout*.
MAITRE A DANSER
Lorsqu*on a des personnes à faire parler en musique, il faut bien que, pour la vraisemblance, on donne dans la bergerie. Le chant a été de tout temps affecté aux l>ergers; et il n'est guère naturel en dialogue que des princes ou des boui^eois ' chantent leurs passions^.
I. Li maItui oi MUSiQUi, aux musiciens. Allons, •rancn. [A Jft, Jour» datM,) nUut,{l^3i.)
a. Depuis le suoeès do Pattor fido eà Italie, et de VAttrie en France*, on ■0 voyait plas en effet que des bergers sar'le théâtre, dans les romans, dans las tableaux, dans les tapisseries.... {Pfote d^Auger.) Ce n'était sans doute pas non plus sans quelque ennui que Molière se royait forcé d'en faire tant I»anittre dans les ballets et intermèdes de ses eomédies.
3. Des princes, ou bourgeois. (1682,97, 1710, 18, 3o, 33, 34.)
4. Si la musique peut faire parler les personnes, pourquoi son langage ne tndairait-il pas aussi bien que les passions des bergers celles des princes et des boui^eois? M. Jourdain ne sVmbarrasse assurément pas de la question : il doit se piquer de comprendre TÏte, il vient de se montrer facile à conrainere, et, soupçonnant encore une opinion reçue, un arrêt rendu par les gens de qualité, il n'insistera pas. Mais on peut se demander si le spectateur reemmaissait ici quelque théorie particulière, une légère allusion aux dispotes déjà longues^ sur le pouvoir expressif de la musique, son association avec
' D'Urfé publia le premier volume de VAstrée en 16 lO. — Racan, qu'il est également à propos de rappeler ici, « ne fit imprimer ses Bergerie* qu'en l6a5| disent les frères Parfaict (tome IV, p. a88, note), mais sûrement elles parurent au théâtre en 16 18 » (sous le titre â^Arténice),
* La Fontaine, dans son épttre à Niert (1677), les fait remonter à 1647, au temps des représentations de VOr/eo e Euridice de Rossi.