‹ Œuvres de MolièreChapitre 37 sur 541 · ACTE I, SCÈNE II. 6t · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. 6t

MONSIEUR JOURDAIN

Passe, passe ^ Voyons.

le drame, le plus oa moins de rrutemblaoce des fictions de Topera . Y aTalt-il là on trait de satire eoatre les pastorales, ce ^enre alors en si grande iarenr* de si grande ressonree poor les dirertissemcnts obligés des comédies, aoqod successiTement les deux premiers directeurs de 1* Académie royale de musiqoe allaient demander Dieurense inauguration de leur théâtre*? Ou bien MoKère aurait-il au contraire touIu railler les grands projets d*opéra héroïque qu^aTiit certainement déjà bien mûris son collaborateur actuel, le compositeur de Psyché, de Cotlmmt, à'Aletste, de Thésée? Aurait-il en même temps tooIu, en excluant de la scène lyrique les personnages bourgeois après les princes, marquer peu de goât pour la musique gaie, aurait-il méconnu la Terre eo> mique qui plus d'une fois s*était unie à la sienne, qui (sans parler de la fiiatasqne Cérémonie turque on elle s^est si heureusement déployée tout entière), dans le hors-d'cBUTre du Ballet de* nations même, animait une rraie scène d*opéra tout moderne et bourgeois, scène dont le long succès n'allait être égalé que par celui du divertissement comique^ de Topérette bouffe de Pomr^ eeaugnae (royez tome YH, p. 346)? Rien de tout cela ne semble probable. Molière a dd plutôt se proposer de montrer simplement dans ce compusiteor de ballets le défenseur naturel et convaincu des bergeries k la mode, auxquelles sans doute il doit le plus de cette gloire dont il est si friand, par suite Tamateur enthousiaste et exclusif d'un art qui seconde le sien, nniquem^ aenaible à la masîqae douce et tendre, ayant pour le bruit de toute autre la même horreur qœ la Fontaine, et prêt à applaudir à la déclaration passionnée du poêle, à se faire l'écho de ses plaintes (voyex l'épttre à Niert) :

La Toix Teut le téorbe et non pas la trompette, £t la viole propre aux plus tendres amours N'a jamais jusqu'ici pu se joindre anx tambours. Mais

Il iant vingt clavecins, cent violons ponr plaire.... On ne veut plus qu^Alceste, ou Thésée, ou Cadmus,

Ce caractère du Maître à danser ne ressort peut-être pas entièrement du texte de Molière, mais nous croyons qu'à la représentation le jeu, le ton de voix, la nature même de Pacteur achevaient de le mettre en relief. Car mw chose qu'il faut remarquer, c'est, comme on va le voir, que Molière pour ce personnage a pris un chanteur, ou un de ses camarades musiciens, et que, d'après la partition, à l'origine, c'était d'une voix fidtée de ténor, sinon de soprano (voyex i Y Appendice)^ que l'artiste de la danse, pour sontenir le menuet de M. Jourdain, avait a chanter un des airs les plus gracieux de Lidii. Il dut donc voir en lui un chanteur amateur, et c'était nn bon trait de earactère i lui donner que cette prédilection pour la seule musique qai convienne à sa voti.

I. Sorte d'interjection elliptique : soit, je Paeeorde, que cela passe, pas-

' Nous voulons rappeler la pastorale de PemeiM, donnée par Cambert en man 1571, et celle des PiUt de T Amour et de Bacchut, donnée par Lulli en 167a.

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