‹ Œuvres de MolièreChapitre 385 sur 541 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

vous-même n^avez pas été jeune, et n'avez pas, dans votre temps, foit des fredaines comme les autres. Tai ouï dire, moi, que vous avez été autrefois un compagnon^ parmi les femmes, que vous faisiez de votre drôle* avec les plus galantes de ce temps-là, et que vous n'en approchiez point que vous ne poussassiez à bout.

ÀRGÀIIT£.

Cela est vrai, j'en demeure d'accord; mais je m*en suis toujours tenu à la galanterie, et je n'ai point été jusqu'à faire ce qu'il a fait.

SCIPIN.

Que vouliez-vous qu'il fît? Il voit une jeune personne qui lui veut du bien (car il tient cela de vous', d'être aimé de toutes les femmes]. Il la trouve charmante. Il lui /Y^i rend des visites, lui conte des douceurs, soupire galam- "^ ment, fait le passionné. Elle se rend à sa poursuifô^ Il pousse sa fortune. Le voilà surpris avec elle par ses parents, qui, la force ^ à la main, le contraignent de l'épouser.

SILVESTRB*.

L'habile fourbe que voilà !

Eussiez-vous voulu qu'il se fût laissé tuer? Il vaut mieux encore être marié qu'être mort.

àrgàntb.

On ne m'a pas dit que Paffaire se soit ainsi passée.

I. L'a boa eompagnon. (1674, 81, 1734.) — An Ke«d« la le^a originaU, Littré, 6^, cite cette eorreetioa où hom ett inattleoMot ajooté aa mot eompm» gnony qui, absolunent et fans adjectif, a le teu qae lai donne la rariante.

a. L'exprettion t'est déjà présenta et a ^ expliquée i la •cène n de Tacte II de U PrimeMêê ^ÉlÙU (tome IV, p. 169 et note 1). 11 semble qu*on en peut rapprocber ee éê eonstrait aTce le Terbe refléebi par BCme de Si« vigne (tome V, 1678, p. 474} : « Je rondroîs.... qae cela se fit de gabnt bomme, » gahmasent, comme sait s*y prandie an galant bonime, comme de galant homme à galant homme.

3. Car il tient de Tons. (1674, 8a, 1734.)— 4* Sii.Tinms, k ptari. (1734.}

5. La fignre tat datrt, wm nrme, «a moyen qnaleongnn de eoatrnbdre.

43a LES FOURBERIES DE SCAPIN.

Demandezrlui* plutôt : il ne voas dira pas le contraire.

ARGANTI '.

I Cest par force qa*il a été marié?

SILTBSTRI.

Oui, Monsieur.

SCÂPIN.

I Voudrois-je vous mentir ?

àrgàntb.

Il devoit donc aller tout aussitôt fHX>tester de vicrfence chez un notaire.

, Cest ce qu'il n*a pas voulu faire.

ÀRGARTE.

/ Cela m'auroit donné plus de facilité à rompre ce ma* riage.

SGÀPIlf.

Rompre ce mariage !

ÀRGÀNTB.

Oui.

SCAPIN

Vous ne le romprez point.

ARGANTB.

Je ne le romprai point ?

SCAPIN

Non.

ARGANTB.

Quoi ? je n'aurai pas pour moi les droits de père, et la raison de la violence^ qu'on a faite à mon fils ?

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