‹ Œuvres de MolièreChapitre 404 sur 541 · De réflexion, de ctrconspection · texte numérisé non relu

De réflexion, de ctrconspection

C. Malaritée, inconsidérée. « Ô fils impertinent, at-ta envie de me miner? • dit aussi Harpagon, dans V Avare (tome VII, p. i54). Un peu plus loin (p. 455), « ce mariage impertinent, > c*e8t ee mariage venant si mal à propos à la tra- Terse, ce sot, cet absurde mariage. On a tq le mot ci-dessos, au Bourgeois gentilhomme (p. i3i), oà PoB pent Tentendie an a«a de malséant, choquant : « Voit-to rien de plot impertÎMnt que des fammee qui rient fc toot propos? •

8CÀPIN.

Monsieur, votre serviteur»

ÀRGÀlfTB.

Bonjour, Scapin.

SCÀPUf.

Vous rêvez à TaiFaire de votre fils.

ÀRGANTB.

Je t'avoue que cela me donne un furieux chagrin.

SCAPIlf.

Monsieur, la vie est mêlée de traverses. Il est bon de S y tenir sans cesse préparé ; et j^ai ouï dire, il y a longtemps, une parole d'un ancien que j^ai toujours retenue.

ÀRGAnTK.

Quoi?

SCAPIN

Que pour peu qu*un père de famille ait été absent de chez lui, il doit promener son esprit sur tous les fâcheux accidents^ que son retour peut rencontrer : se figurer sa maison brûlée, son argent dérobé, sa femme morte, son fils estropié, sa fille subornée ; et ce qu^il trouve qu'il ne lui est point arrivé*, l'imputer à bonne fortune'. Pour moi, j'ai pratiqué toujours cette leçon dans ma petite philosophie ; et je ne suis jamais revenu au logis, que je ne me sois tenu prêt à la colère de mes maîtres, aux réprimandes, aux injures, aux coups de pied au cul,

I. Forcer son esprit à repasser, comme dit Amphitryon (an rert 1464, tome YI, p. 439), sur tous les.... accidents. An rers 1463» il se sert du même yerbe qu*ici : « Ma jalousie.... me promène sar ma disgrâce, » aTee changement de rapports : la Tolonté met ici Tesprit en moarement ; li c*ett elle et Tc»prit qui cèdent è une obsession.

a. Ce qu'il trouve qui ne lui est point arrivé. (i68a, 1734.) — Le ieeoad qu*il de rédition originale et de la suivante pourrait être une fante. Pour oet archaïsme, alors assez commun (et qu'on rencontrera ci-après, p. 4^f ^^ gue, régime d'un premier verbe, snivi de ^iit, sujet d'un second, voyei les Lexiques de la collection, celui de la RpcheJbueêM, par exemple, ft Qui, 4*, p. 35i.

3. La « parole » est en effet « d*ttn anden •, comme viest de dire Seapia, qui, è tout hasard, £ût le savant ; elle est de Téreoee; cfaei loi, è'ett Iê vmos

▲GTE II, SCÈNE y. 455

aux bastonnades, aux étrivières; et ce qui a manqué à m'arriver ^, j'en ai rendu grâce * à mon bon destin *.

ÀRGAlfTB\

Yoilà qui est bien. Mais ce mariage impertinent qui

Démiphon qai, mite anni en ruminant tur la aeène, lait d^abord poar luimême ces réflexions, que Pesdafe Géta, se tenant à Fécait aTee on troiiième interiocatear, habille «nsoite à sa manière.

Itane tandem mxorem duxii Antinhc injuttm mêo?.„

Ita sum irntatms, animum ut nequeam ad eogitandum inttUuêre, Quamohnm omnat^ quum tteundm res sunt maxunu^ tum maxume Meditari seeum oportet quo pacto adversam mrumnam feront^ Pericla, damna^ êxsiliaf peregre rediens stmper cogitet Aut fiitpeeeatum^ oui uxoris morUm^ aut morhumJUim ; Ct^nnuMia esse hsse^fieri passe : ut ne quid anima sit novum, Quidquid prmter spem speniat^ omne id ieputare esse in luero,

{Pkamùan, acte II, scène i«, Tcrs a3i, a33, a4o«246.) I . Compara plos loin : c si ta manques à être racheté, > si ta n*es pat, ne peaz pas être radieté.

a. Grâces. (1697, 1710, 18, 3o» 33, 34.)

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