SCÈNE II
(Imitée dans la scène m de Pacte m des Fourberies de Scapin^
ci-dessus, p. 499~So3.)
GRAIIGER, PAQUIBa, GENEYOTE*.
CaAlTGBB.
Mademoiselle, sojez-rous Tenue autant à la bonne beure que la grâce aux pendus quand ils sont sur Técbelle.
OBHBTOTB.
Est-ce l'Amour qui tous a rendu criminel? Vraiment la faute est trop illustre pour ne tous la pas pardonner. Toute la pénitence que je tous en ordonne, c'est de rire stcc moi d'un petit conte que je suis Tenue ici pour tous faire. Ce conte toutefois se peut appeler une bistoire, car rien ne fut jamais plus Téritable. Elle
I. Notre lelgneiir «t maître, edai à qal noos disons : Domime. a. Generote est U maîtresse de Chariot Graager, fils da Pédant ; Chariot ripoaae à la fin de la plèee, malgré son père, qoi est son rirai auprès d*alle«
AUX FOURBERIES DE SCAPIN. 5i5
Tient d'arriTer, il n'y a pai deux hennt, au plot faeédenx ^ pertonnage de Paris, et tous ne lauries croire à quel point elle est pbisante. Quoi, toqs n*en ries pas ?
OBAVOn.
Mademoiselle, je crois qn^eUe est diTcrtiisante an delà de ce qui le fut jamais. Mais....
GBHSTOm.
Mais VOUS n*en riez pas.
GAAJIGBB.
Ha, a, a, a, a.
GinTOTB.
n faut, avant que d*entrer en matière, tous anatomiser ce squelette d*homme et de vêlement....* Figurex-Toos.... H^ bien, Monsieur, ne voilà pas un joli Ganjmède? et e*est pourtant le héros de mon histoire. Cet honnête homme régente une classe dans TUniversite. Cest bien le plus faquin, le plus chiche, le pins avare, le plus sordide, le plus mesquin.... Mais riez donc!
oaAiroKn.
Ha, a, a, a, a.
OSVBVOTB.
Ce vieux rat de collège a un fils qui, je pense, est le receleur des perfections que la nature a volées au père. Ce chiche penard', ce radoteur....
OBAVOm.
Ah ! malheureux, je suis trahi : c*est sans doute ma propre histoire qu'elle me conte. Mademoiselle, passez ces épithètes : il ne faut pas croire tous les mauvais rapports; outre que la vieillesse doit être respectée.
axMBvon.
Quoi, le connoisses-voos?
GBijrOBA.
Non, en aucune £sçon.
GXaSVOTX.
ô bien, écoutez donc. Ce vieux bouc veut envoyer son fils en je ne sais quelle ville, pour s'ôter un rival; et afin de venir à bout de son entreprise, il lui veut faire accroire qu'il est fou. Il le fait lier, et lui fait ainsi promettre tout ce qu'il veut ; mais le fils n'est pas longtemps créancier de cette fourbe*. Comment? vous
I . M. Foumdl donne ici an mot, avee raÎMm, m teaible, I0 sent de hwUtque. a. Noos faisons ici lat eonporet annoncéea ei-dMsnfl, p. 49g, note i.
3. Penard^ vieillard naé : vojes an vart 61 de VÈtcmrii^ tome I, p. 109.
4. S*ampreia0 de la lui faire payer en même monnaie, on plutôt, eomme dit Seapin ( diwni. p. 4S4), « en nne antre monaoie, » pins qa^^niva-
5a6 APPENDICE AUX FOURBERIES DE SGAPIN.
■• riei point de oe ^ï^mx botta^ de oe BuiuMada»* k triple tege ?
Batte, balte, faites grâoe à ce pauvre TÎeillard.
GHSBTOTB.
Or éooiiter le plot plaiiant. Ce |[outteax, ce loap-garou *, ce moine-bourru.., >.
onftjroa.
PaMez outre, cela ne fait rien à Tbittoire.
GBSBTOn.
....commanda à son fils d^acheter quelque bagatelle, pour faire un prtent à son oncle le Vënitien ; et son fils, un quart d^beure après, lui manda qu*il Tenoit d^être pris prisonnier par des pirates turcs, à Temboucbure du golfe des' Bons-Honmies*; et ce qui n*est pas mal plaisant» e*est que le bon bomme aussitôt enToya la rançon. Mais U n*a que faire de craindre pour sa pécune : éÛe ne courra point de risque sur la mer de Lerant.
Traître Corbineli, tu m*as rendu, mus je te ferai donner la salle *•
I. Mtmttadmi^ aP«it mtauêadêt nai doute svee nae tarmiattMn gateoBiic pins toaoïe. Coo^Mns gomfmi^ et fojres la note étymologique du DUtiomntirê de Liitré à ee dernier mot.
a. Cet être iasoeiable : Toyes tome lY, p. 27 , note 3 .
3. Cet être bîuurs et méduat t Toyet tome V, fin de la note a de U page 139.
4. « La fondation da couTent des Minimes de ChaiOot, sur remplacement d'un manoir Mi par Anne de Bretagne, amena, sons Henri II, la création du quai des Bons'Eommes, situé alors hors de la ville. — À Testrémité du quai de Billy se trouvait aotrefois le eomwit de* Sons- Hommes 00 des Minimes.... Une partie des bâtiments existe encore. » (Théophile LaTiUée, Histùire de PurUf 1857, iu-ia, 2* série, p. 41 et p. 48.)
5. « Le fouet dans la salle destinée à cette correction dassiqne, » explique M. Foumel (p. 397). « Donner im êalle se disait quand on fouettait un écolier en public pour quelque foute. » {DietionruUre de Littré,)
LA
COMÉDIE
REPRisSHTiE POUl LE Roi i SAISfT-GEBMAIX EN LAYR
LE a* D^CEMBEE 1671'
ET DONNiB AU PUBLIC SUE LE TH^ItEE DE LA SALLE DU PALAIS-ROYAL
POUE LA PEEMlàEE POIS LE 8' JUILLET 167 a
PAE LA TEOUPE DU EOI
I. Lt titrt dt rMteîoB dt 1682 porto : « aa moû de ftrrier 167a ; » e*«tt la date d*wM rapriM dt la plèee à la coar, oobum U «tt dit ei-aprit, dast la Ifùtiet^ p. S3i at SM.
La Comtesse d*£scarbagnas est un lëger crayon de comédie. A ne regarder que ce qui manque à sa juste forme de fable comique, cette petite pièce, à peine construite, serait le moindre des ouvrages de Molière. C'est sans doute parce qu'il n'y voyait lui-même qu'un simple impromptu qu'il ne l'a pas fait imprimer. Elle n'a été publiée qu'en i68a, dans le second et dernier volume de ses Œuvres posthumes. Pour consommer, disait Voltaire, ce qu'il appelait plaisamment une a œuvre du démon, » c'est-à-dire une vraie comédie,
.... 11 faut une action,
De rintérét, du comique, une fable.
Des mcBurt du temps un portrait véritable *.
Par la nécessité même de la conmiande acceptée, la ùd>ley l'action manquent à la Comtesse d* Escarbagnas ; ce qui n'y manque pas, c'est le comique, c'est le portrait des mœurs, lequel y est souvent excellent et digne du pinceau de Molière, quoiqu'il l'ait pu seulement indiquer par quelques vives couleurs, jetées à la bâte sur la très-petite toile.
Le Roi avait demandé un court dialogue comique, qui servit de prétexte à un ballet, ou plutôt à plusieurs anciens ballets aussi bien assemblés qu'il se pourrait. Cette sorte d'introduction aux chants et aux danses devait leur laisser la grande place. Chargé d'une tâche si modeste, à laquelle ce n'était pas pour la première Ibis qu'il devait plier son génie, Molière, on n'en peut douter, l'expédia au courant de la plume ^; mais,