SCÈNE I
Feuilleni ^ se dWertir de mes tristes soupirs ?
Et nesUce pas assez de souffrir pour ços charmes f
Sans me faire souffrir encor pour tH>s plaisirs?
C^en est trop à la fois que ce double martyre; Et ce quil me faut taire^ et ce quil me faut dire Exerce sur mon cœur pareille cruauté,
V amour le met en feu^ la contrainte le tue ; Et si par la pitié cous ri êtes combattue^ Je meurs et de la feinte ^ et de la {hérité *.
JULIE
Je vois que vous vous faites là bien plus maltraité que vous n'êtes ; mais c'est une licence que prennent Messieurs les poëtes de mentir de gaieté de cœur, et de donner à leurs maîtresses des cruautés qu'elles n'ont pas, pour s'accommoder aux pensées qui leur peuvent venir. Cependant je serai bien aise que vous me donniez ces vers par écrit.
LB VICOMTE
C'est assez de vous les avoir dits, et je dois en demeurer là : il est permis d'être parfois assez fou pour faire des vers, mais non pour vouloir qu'ils soient vus.
JULIE
C'est en vain que vous vous retranchez sur une fausse modestie; Qn sait dans le monde que vous avez de l'esprity et je ne vois pas la raison qui vous oblige à cacher les vôtres.
I . FeuiUé, (i68a ; faate éridente, corrigée dans nos antres éditiona.) a. Cest là un aoniiet à ritalienne rempli.... de eoneettif maia le toar en est facile et agréable. Il raut infiniment mienx que celai d*0ronte : aussi Cléante {U Ficomtê) est-il un homme d'esprit, qni ne se pique point d*éfre poëte, ne s*al>ase pas sur le mérite de ses rers, et ne les dit qn*à sa maltresse, poor qui ils ont été fiiits, en se moqnant même de son «mpressement à les loi réciter. Oronte arait montré comment le bel esprit dans an coortisan peut être ridicule ; Cléante fiiit Toir eomiMnt il pent ■• Tétre pet. (Bléiê iTjmgtr,)
56o LA COMTESSE D'ESGARBAGNAS.