‹ Œuvres de MolièreChapitre 494 sur 541 · SCENE II. 56i · texte numérisé non relu

SCENE II. 56i

JUUE.

Il est vrai qu*il j est venu; mais c*est assez pour lui de savoir que vous n*y étiez pas pour Tobliger à sortir.

LÀ COMTBSSl.

G>niment| il vous a vue?

JULII

Oui.

LA COMTBSSB.

Et il ne vous a rien dit ?

JULU.

Non, Madame; et il a voulu témoigner par là qu'il est tout entier à vos charmes.

LA. COMTBSSB.

Vraiment je le veux quereller dé cette action ; quelque amour que Ton ait pour moi, j*aime que ceux qui m'aiment rendent ce qu'ils doivent au sexe ; et je ne suis point de l'humeur de ces femmes injustes qui s'applaudissent des incivilités que leurs amants font aux autres belles*

JULIB.

Il ne faut point, Madame, que vous soyez surprise de son procédé. L'amour que vous lui donnez éclate dans

Griqnet, le eh«p«aa lar la tête, la eomt de deraat en Tair eornsc on pa jMB ; il portait la queue de la robe de ta mattrette {ce me pouvait guère être fv'Âet, il remirée de im Comttesse)^ et il 7 preaait des eeriset, dont il jetait les noyaux dana les coalisées. Cette charge était indigne de la seine française.... > — Hommes et femmes du bel air se faisaient accompagner d*an petit laquais, et la mode en dura longtemps. On Toit le Destin du Bcmiam Mmâfne, se promenant à Saint-Clood, faire porter au sien son épée et son manteau (cbapitre znn de la I** partie, tome I, p. 193 de l'édition de M. Foumel, qui, dans une note, a consteté Fusage). On se sonvient des eris que M. de Ponrceaugnac, déguisé en femme de qualité, fait contre le petit laquais qu*il se suppose (acte III, scène n, tome VII, p. Sai). Les dames choisissaient sans doute pour ces enfants d'élégants costumes, auxqnek ne devait guère ressembler celui de Criquet ; il parait que Tcrs la in du siècle elles les habillaient en petits dragims, puisque e'éuit de ce nom qu*elles les appelaient : Tojei dans im Featmm tTimiriguse de Daneourt, 169», la aeine Ti de Tacte IV.

MouÉms. rm 36

S6a LA COMTESSE D'ESCÂRBAGNAS.

toutes ses actions, et Tempêche d'avoir des yeux que pour vous^.

LA COMTSSSB.

Je crois être en état de pouvoir faire nattre une passion assez forte, et je me trouve pour cela assez de beauté, de jeunesse, et de qualité. Dieu merci; mais cela n*empècbe pas qu'avec ce que j'inspire, on ne puisse garder de Thonnêteté et de la complaisance pour les autres. * Que faites- vous donc là, laquais? Est-ce qu'il n'y a pas une antichambre ofi se tenir, pour venir quand on vous appelle ? Cela est étrange, qu'on ne puisse avoir en province un laquais qui sache son monde. A qui est-ce donc que je parle ? voulez-vous vous en aller là dehors, petit fripon? Filles*, approchez.

ÀIIDRÉI.

Que vous plaît-il, Madame?

LA. COKTSSSB.

ôtez-moi mes coiffes. Doucement donc, maladroite^ comme vous me saboulez' la tête avec vos mains pesantes!

andr£b.

Je fais. Madame, le plus doucement que je puis.

LA COMTBSSB.

Oui; mais le plus doucement que vous pouvez est

I . Si ce ii*ett poar tous, pour d*aatret que pour tous : royez ci-deMut, à la scène xn de Pacte m du Bourgeois gentilhomme, p. 144 et note a. a. Apereepant Criquet, (1734.)

Page 1