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MAÎTRE DE PHILOSOPHIE
Je VOUS expliquerai à fond toutes ces curiosités^
I. Cette partie de la le^a da Philoaophe pantt tirée d*aa petitliTreajant po«r titre : Diseotwt pkjrsiquê de Im paroU*^ qe'avait publié deai ans a^Nuravaat, en 1668, et dédié aa Roi, le eartétiea de Cordônoj, qui fat leetear do
* Le titre est aaonjme, mais non Pépttre qoi le soit.
MONSIEUR JOURDAIN
Je VOUS en prie. Au reste, il faut que je vous fasse une confidence. Je suis amoureux d'une personne de grande qualité, et je sonhaiterois que vous m'aidassiez à lui écrire quelque chose dans un petit billet que je veux laisser tomber à ses pieds.
Iteaphin, choisi par Bossuet, et membre de l'Académie fraaçaiae. Les paasaget soÎTaiitt, des pages 70-77, que nous citons après Auger, prouvent bien, ee semble, que \9Dise0mrt arait été fenilleté par Molière. < Si.... on ouvre la booehe autant qu*on la peut ourrir en criant, on ne sauroit former qu'une Toix en À.... Que si l'on ouvre un peu moins la bouche, en avançant fa mâchoira d'embas vers celle dVnbaut, on formera une autre voix terminée en E. Et ai l'on approche encore un peu davantage les mâchoires l'une de l'antre, sans toutefois que les dents se touchent, on formera une troisième voix en I. Mais si au contraire on vient à ouvrir les mâchoires et à rapprodier en même temps les lèvres par les deux coins, le haut et le bas, sans néanmoins les fermer tout k fait, on formera une voix en G. Enfin si on rapproche les dents sans les joindre entièrement, et si, en même temps, on allonge les deux lèvres, sans les joindre tout à fiit, on formera une voix en U.... La lettre F se prononce quand on joint la lèvre de dessous aux dents de dessus.... Le D se prononce en approchant le bout de la langue au-dessus des dents d*en haut.... Et la lettre K en portant le bout de la langue jusqu'au haut du palais, de manière qu'étant frôlée par Tair qui sort avec force, elle lui cède et revient souvent au même endroit, tandis {aussi longtemps) que l'on veut que oette prononciation dure. • — On voit que les remarques sur l'i, sur l'o, sur l'a, qai payent le plus l'enseignement du Philosophe, sont des additions appartenant en propre à l'exagération comique. Et maintenant il est bien permis de trouver qu'une explication scientifique du mécanisme de la parole était ches Cordemoj parfaitement à sa place; anssi n'est-il rien moins que certain, quoi qu'en disent les commentateurs, que Molière ait voulu ridiculiser celui qui l'avait récemment donnée, non pas en tête d'une grammaire élémentaire, mais dans un traité spécial, un Disamrs phjrsi^ué de la parole» Ce qui read cette soène si amusante, c'est la sottise de ce ma|tre qni, se chargeant de dégrossir une ignorance auMi endurcie, débute par ces minuties et engage ua écolier qui sait si peu et a tant à apprendre, dans toutes les lenteurs de aa méthode *, c'est surtout la niaiserie du Bourgeois, sa joie de se sentir tant d'oavertnre d'esprit pour des commencements si éloignés du but, son désenehaatemoit de l'orthographe et sa rébellion prochaine que l'on pressent. M. Joordain n'est encore que d'âge trèsHnûr ; mais il 7 a un mot de Montaigne, à propos rappelé par Aimé-Martin, dont sans doute Molière se souvenait, et qoi indique bien l'effet comique qu'il a voulu produire ici : « On peut continaer k tout temps l'étude, non pas l'écolage : la sotte chose qu'un vieillard abéeé daire 1 » [Essais, livre II, chapitre xxvzn. Toutes choses en leur saisom, tome III, p. 53 ; MonUigne traduit Sénèqne, dit V. le Clerc ; on lit dans Vfyd^ lasxn : Tarpis et ridieula res est elementarius senex^]