ACTE II, SCÈNE
gées comme il faut. Je vous prie de me dire un peu, pour voir, les diverses manières dont on les peut mettre.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE
On les peut mettre premièrement comme vous avez dit : Belle Marquise^ if os beaux yeux me font mourir éCamour, Ou bien : ffamour mourir me forU^ belle Marquise^ ifos beaux yeux. Ou bien : P^os yeux beaux éCamour me fonty belle Marquise^ mourir. Ou bien : Mourir ifos beaux yeuXy belle Marquise^ JCamour me font. Ou bien : Me font vos yeux beaux mourir^ belle Marquise^ JC amour.
MONSIEUR JOUROÀIlf.
Maïs de toutes ces façons-là, laquelle est la meilleure ?
MAITRE DE PHILOSOPHIE
Celle que vous avez dite : Belle Marquise^ i^os beaux yeux me font mourir cT amour.
MONSIEUR JOURDAIN
Cependant je n*ai point étudié, et j*ai fait cela tout du premier coup^ Je vous remercie de tout mon cœur, et vous prie de venir demain de bonne heure.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE
Je n'y manquerai pas.
MONSIEUR JOURDAIN*
Comment ? mon habit n'est point encore arrivé ?
1. « La langue firançaîae, dit RÎTarol*, a aouTerainement basoin de clarté; anasi eil-«Ue de toutes lea langoei ceUe qui a le plut de eonstmelioai izet, et quand il ae préaente deux manièrea eorraetea et élégantes à la (bis de dire b flBéme chose arec les mêmes mots, il Csnt le remarquer, d'autant que le cas est rare. Cest sur cette vérité (ajoute-t-il en note) qu*eM fondée rexcellente scène du Bourgeois gemiiikomme^ qui est si étonné de ne pouToir (aMC lês mois mmxqmêU il Uetti) exprimer son amour à la Marquiae que d*!^ seule nière, et préeiaément de celle qui s*est d*abord ofilerte à son e^in^ *