CHAPITRE XIII
i ' . fffîf* du serment chez un peuple vertueux.
\ ï&'tt'fr atpcant eu de peuple , dit Tite-Live (i) , ou la dissolution se* toit* plus tard introduite que chez les Romains , et où la modération et la pauvreté aient été plus long-temps honorées.
Le serment eut tant de force chez ce peuple , que rien ne l'attacha plus aux lois. Il fit bien des fois , pour l'observer , ce qu'il n'aurait jamais fait pour la gloire ni pour la patrie.
Quintius Cincinnatus 9 consul , ayant voulu lever une armée dans la ville contre les Eques et les Volsques, les tribuns s'y opposèrent. « Hé bien ! dit-il , que tous ceux qui ont fait serment au » consul de l'année précédente marchent sous mes enseignes (2). » En vain les tribuns s'écrièrent-ils qu'on n'était plus lié par ce serment ; que , quand on l'avait fait , Quintius était un homme privé : le peuple fut plus religieux que ceux qui se mêlaient de le conduire ; il n'écouta ni les distinctions ni les interprétations des tribuns.
Lorsque le même peuple voulut se retirer sur le Mont-Sacré , il se sentit retenir par le serment qu'il avait fait aux consuls de les suivre à la guerre (3). Il forma le dessein de les tuer : on lui fit entendre que le serment n'en subsisterait pas moins. On peut juger de l'idée qu'il avait de la violation du serment , par le crime qu'il voulait commettre.
Après la bataille de Cannes , le peuple effrayé voulut se retirer en Sicile; Scipion lui fit jurer qu'il resterait à Rome : la crainte de violer leur serment surmonta toute autre crainte. Rome était un vaisseau tenu par deux ancres dans la tempête : la religion et les mœurs.