CHAPITRE XIV
Comment te plus petit changement dans la constitmtion entraîne ' la ruine des principes.
Aristote nous parle de la république de Carthage comme d'ane république très-bien réglée, Polybe nous dit qu'à la seconde
(1) Liv. I. — (2) Tite-Live , liv. III, — (3) Ibid. liv. II.
UVRE VIII, CHAP. XIV. ïo3
guette panique (i) il y avait à Carthage cet inconvénient, que le sénat avait perdu presque toute son autorité. Tite-Live nous apprend que , lorsque Annibal retourna à Carthage , il trouva que les magistrats et les principaux citoyens détournaient à leur profit les revenus publics , et abusaient de leur pouvoir. La vertu des magistrats tomba donc avec l'autorité du sénat } tout coula du même principe.
On connaît les prodiges de la censure chez les Romains. Il y eut un temps oiielle devint pesante; mais on la soutint, parce qu'il y avait plus de luxe que de corruption. Claudius l'affaiblit : et 9 par cet affaiblissement, la corruption devint encore plus grande que le luxe ; et la censure s'abolit , pour ainsi dire , d'elle même (2). Troublée , demandée , reprise , quittée , elle fut entièrement interrompue jusqu'au temps où elle devint inutile , je veux dire les règnes d'Auguste et de Claude.