‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 149 sur 854 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Comment les républiques pourvoient à leur eâretê.

Ui une république est petite, elle est détruite par une force étrangère ; si elle est grande , elle se détruit par un vice intérieur.

Ce double inconvénient infecte également les démocraties et les aristocraties , soit qu'elles soient bonnes , soit qu'elles soient mauvaises. Le mal est dans la chose même ; il n'y a aucune forme qui puisse y remédier.

Ainsi il y a grande apparence que les hommes auraient été k la fin obligés de vivre toujours sous le gouvernement d'un seul , s'ils n'avaient imaginé une manière de constitution qui a tous les avantages intérieurs du gouvernement républicain , et la force extérieure du monarchique. Je parle de la république fédéra tive.

Cette forme de gouvernement est une convention par laquelle plusieurs corps politiques consentent à devenir citoyens d'un état plus grand qu'ils veulent former. C'est une société de sociétés qui en font une nouvelle, qui peut s'agrandir par de nouveaux associés qui se sont unis.

Ce furent ces associations qui firent 4eurir si long-temps le corps de la Grèce. Par elles les Romains attaquèrent l'univers , et par elles seules l'univers se défendit contre eux j et , quand Rome fut parvenue au comble de sa grandeur , ce fut par des associations derrière le Danube et le Rhin , associations que la frayeur avait fait faire, que les barbares purent lui résister.

C'est par-là que la Hollande ( i ) , l'Allemagne , les Ligues suisses^ -sont regardées en Europe comme des républiques éternelles.

Les associations des villes étaient autrefois plus nécessaires qu'elles ne le sont aujourd'hui. Une cité sans puissance courait de plus grands périls. La conquête lui faisait perdre, non-seulement

(1) Elle est formée par environ cinquante républiques , tontes différentes les unes des autres. {Etat des Provinces-Unis , par M. JFanisson.)

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