‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 171 sur 854 · CHAPITRE XIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL

D'une loi de Çyrus.

Je ne regarde pas comme une bonne loi celle que fit Cyrus pour que les Lydiens ne pussent exercer que des professions viles, ou des professions infâmes. On va au plus pressé ; on songe aux révoltes , et non pas aux invasions. Mais les invasions viendront bientôt ; les deux peuples "s'unissent , ils se corrompent tous les deux. J'aimerais mieux maintenir par les lois la rudesse du peuple vainqueur , qu'entretenir par elles la mollesse du peuple Vaincu.

Aristodème , tyran de Cumes (2) , chercha à énerver le'courage de la jeunesse. Il voulut que les garçons laissassent croître leurs cheveux comme les filles j qu'ils les ornassent de fleurs , et portassent des robes de différentes couleurs jusqu'aux talons ; que , lorsqu'ils allaient chez leurs maîtres de danse et de musique, des femmes leur portassent des parasols , des parfums et des éventails ; que , dans le bain , elles leur donnassent des peignes et des miroirs. Cette éducation durait jusqu'à l'âge de vingt ans. Cela ne peut convenir qu'à un petit tyran , qui expose sa souveraineté pour défendre sa vie.

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