‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 242 sur 854 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Que c'est mal raisonner , de dire que la grandeur des tributs soit bonne par elle-même.

On a vu , dans de certaines monarchies , que de petits pays exempts de tributs étaient aussi misérables que les lieux qui , tout autour, en étaient accablés. La principale raison en est, que le petit état entouré ne peut avoir d'industrie , d'arts , ni de manufactures , parce qu'à cet égard il est gêné de mille manières par le grand état dans lequel il est enclavé. Le grand état qui l'entoure a l'industrie , les manufactures , et les arts ; et il fait des règlement qui lui en procurent tous les avantages. Le petit état devient donc nécessairement pauvre, quelque peu d'impôts qu'on y lève.

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