CHAPITRE VIL
Du monachisme.
Le monachisme y fait les mêmes maux; il est né dans les pays chauds d'Orient , où l'on est moins porté à l'action qu'à la spéculation.
Eq Asie , le nombre des derviches ou moines semble augmenter avec la chaleur du climat; les Indes, où elle est excessive , en sont remplies. On trouve en Europe cette même différence.
Pour vaincre la paresse du climat , il faudrait que les lois cherchassent à ôter tous les moyens de vivre sans travail ; mais dans le midi de l'Europe elles font tout le contraire ; elles donnent à ceux qui veulent être oisifs des places propres à la vie spéculative , et y attachent des richesses immenses. Ces gens , qui vivent dans une abondance qui leur est à charge , donnent avec raison leur superflu au bas peuple : il a perdu la propriété des biens; ils l'en dédommagent par l'oisiveté dont ils le font jouir; et il parvient à aimer sa misère même.