LIVRE XVII, CHAP. IV. a3i
de la haute Asie , et je ne dis rien des invasions faites dans le reste du midi de cette partie du monde , qui a continuellement souffert de très-grandes révolutions.
En Europe , au contraire , nous ne connaissons , depuis rétablissement des colonies grecques et phéniciennes , que quatre grands changemens ; le premier , causé par les conquêtes des Romains ; le second , par les inondations des Barbares , qui détruisirent ces mêmes Romains; le troisième, par les victoires de Charlemagne ; et le dernier , par les invasions des Normands. Et si l'on examine bien ceci , on trouvera dans ces changemens mêmes une force générale répandue dans toutes les parties de l'Europe. On sait la difficulté que les Romains trouvèrent à conquérir en Europe , et la facilité qu'ils eurent à envahir l'Asie. On connaît les peines que les peuples du nord eurent à renverser l'empire romain , les guerres et les travaux de Charlemagne , les diverses entreprises des Normands. Les destructeurs étaient sans cesse détruits.