‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 344 sur 854 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

* De l'état politique des peuples qui ne cultivent point les terrée.

Ces peuples jouissent d'une grande liberté; car, comme ils ne cultivent point les terres , ils n'y sont point attachés ; ils sont errans , vagabonds ; et si un chef voulait leur ôter leur liberté , ils Tiraient d'abord chercher chez un autre , ou se retireraient dans les bois pour y vivre avec leur famille. Chez ces peuples , la liberté de l'homme est si grande , qu'elle entraîne nécessairement la liberté du citoyen.

Des peuples qui connaissent r usage de la monnaie.

Aristippe , ayant fait naufrage , nagea et aborda au rivage prochain ; il vit qu'on avait tracé sur le sable des figures de géométrie : il se sentit ému de joie , jugeant qu'il était arrivé chez un peuple grec , et non pas chez un peuple barbare.

Soyez seul , et arrivez par quelque accident chez un peuple inconnu ; si vous voyez une pièce de monnaie , comptez que vous êtes arrivé chez une nation policée.

La culture des terres demande l'usage de la monnaie. Cette culture suppose beaucoup d'arts et de connaissances; et l'on voit toujours marcher d'un pas égal les arts , les connaissances , et les besoins. Tout cela conduit à l'établissement d'un signe de valeurs.

Les torrens et les incendies (i) nous ont fait découvrir que les terres contenaient des métaux. Quand ils en ont été une fois séparés , il a été aisé de les employer.

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