‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 345 sur 854 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Des lois civiles chez les peuples qui ne connaissent point l'usage de la monnaie.

Quand un peuple n'a pas l'usage de la monnaie , on ne connaît guère chez lui que les injustices qui viennent de la violence ; et les gens faibles , en s'unissant , se défendent contre la violence. Il n'y a guère là que des arrangemens politiques. Mais , chez un peuple où la monnaie est établie , on est sujet aux injustices qui viennent de la ruse ; et ces injustices peuvent être exercées de mille façons. On y est donc forcé d'avoir de bonnes lois civiles : elles naissent avec les nouveaux moyens et les diverses manières d'être méchant.

Dans les pays ou il n'y a point de monnaie , le ravisseur n'en-

(1) C'est ainsi que Diodore nous dit que les bergers trouvèrent For des Pyrénées.

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