‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 350 sur 854 · LIVRE XVIII, CHAP. XX · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII, CHAP. XX

plus forts , quand ils ne l'espéraient pas. Avec de pareilles coutumes, ils trouvaient qu'il était contre leur droit des gens qu'une ville qui ne pouvait leur résister les arrêtât. Ils ne regardaient pas les villes comme une assemblée d'habitans , mais comme des lieux propres à se soustraire à leur puissance. Ils n'avaient aucun art pour les assiéger , et ils s'exposaient beaucoup en les assiégeant ; ils vengeaient par le sang tout celui qu'ils venaient de répandre.

' . CHAPITRE XXL

Loi civile des Tartares.

Le P. du Halde dit que , che* les Tartares , c'est toujours le dernier des mâles qui est l'héritier , par la raison qu'à mesure que les aînés sont en état de mener la vie pastorale , ils sortent de la maison avec une certaine quantité de bétail que le £ere leur donne , et vont former une nouvelle habitation. Le dernier des mâles , qui reste dans la maison avec son père , est donc son héritier naturel.

J'ai ouï dire qu'une pareille coutume était observée dans quelques petits districts d'Angleterre ; et on la trouve encore en Bretagne , dans le duché de Rohan , où elle a lieu pour les rotures. C'est sans doute une loi pastorale venue de quelque petit peuple breton , ou portée par quelque peuple germain. On sait , par César et Tacite , que ces derniers cultivaient peu les terres.

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