‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 363 sur 854 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Combien , pour les meilleures lois , il est nécessaire que les esprits . soient préparée.

Rien ne parut plus insupportable aux Germains (i) que le tribunal de Varus. Celqi que Justinien érigea (2) chez les Lazions, pour faire le procès au meurtrier de leur roi , leur parut une chose horrible et barbare. Mithridate (3) , haranguant contre les Romains, leur reproche surtout les formalités (4) de leur justice. Les Par thés ne purent supporter ce roi , qui , ayant été élevé à Rome , se rendit affable (5) et accessible I tout le monde. La liberté même a paru insupportable à dos peuples qui n'étaient pas accoutumés à en jouir. C'est ainsi qu'un air pur est quelquefois nuisible à ceux qui ont vécu dans des pays marécageux.

Un Vénitien nommé Balbi , étant au (6) Pégu, fut introduit chez le roi. Quand celui-ci apprit qu'il n'y ayait point de roi à Venise , il fit un si grand éclat de rire qu'une toux le prit , et qu'il eut beaucoup de peine àj>arler à ses courtisans. Quel est le législateur qui pourrait proposer le gouvernement populaire à des peuples pareils ?

(1) II* eon paient la langue aux avocats, et disaient :« Vipère cesse de siffler. ( Tarife.; — (a) A gui Lia* , liv. IV. — (3) Juutin, liv. XXX VIIL — (4j Calumnia* iitium. ( Ibiil.) — (5) P rompt i adifus, obvia omita*, igno~ 1œ Part/lis virtute* , nova vit ta. (Tacite, jinn, liv. II. ï — (6) Il enfuit la description en 1696. (Recueil des voyages qui ont sema l'établissement de la compagnie des Indes, tome 111 , part. 1 , p. 53. )

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