LIVRE XX, CHAR IV
Ton n'y ait une hardiesse qui ne se trouve pas dans les monarchies : en yoici la raison.
Un commerce mène à l'autre , le petit au médiocre , le médiocre au grand ; et celui qui a eu tant d'envie de gagner peu se met dans une situation où il n'en a pas moins de gagner beau-* coup. •
De plus , les grandes entreprises des négocians sont toujours nécessairement mêlées avec les affaires publiques. Mais , dans les monarchies , les affaires publiques sont , la plupart du temps , aussi suspectes aux marchands qu'elles leur paraissent sûres dans les états républicains. Les grandes entreprises de commerce ne sont donc pas pour les monarchies , mais pour le gouvernement de plusieurs. •
En un mot , une plus grande certitude de sa propriété , que Ton croit avoir dans ces états , fait tout entreprendre ; et , parce qu'on croit être sûr de ce que Ton a acquis , on ose l'exposer pour acquérir davantage ; on ne court de risque que sur les moyens d'acquérir : or , les hommes espèrent beaucoup de leur fortune.
Je ne veux pas dire qu'il y ait aucune monarchie qui soit totalement exclue du commerce d'économie $ mais elle y est moin» portée par sa nature. Je ne veux pas dire que les républiques que nous connaissons soient entièrement privées du commerce de luxe; mais il a moins de rapport à leur constitution.
Quant à l'état despotique , il est inutile d'en parler- Règle générale : dans une nation qui est dans la servitude , on travaille plus à conserver qu'à acquérir 5 dans une nation, libre , on travaille plus à acquérir qu'a conserver,