‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 415 sur 854 · CHAPITRE XVILL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVILL

Des jugé» pour le comment. .

Xénophon, au livre des Revenu», voudrait qu'on donnât des récompenses à ceux des préfets du commerce qui expédient le plus vite les procès. Il sentait le besoin de notre juridiction consulaire.

Les affaires du commerce sont très-peu susceptibles de formalités : ce sont des actions de chaque four , que d'autres de même nature doivent suivre chaque jour; il faut donc qu'elles puissent être décidées chaque jour. Il en est autrement des actions de la vie qui influent beaucoup sur l'avenir , mais qui arrivent rarement. On ne se marie guère qu'une fois ; on ne fait pas tous les. jours des donations ou des testamens : on n'est majeur qu'une fois,

Platon (2) dit que , dans une ville oii il n'y a point de com-, merce maritime , il fant la moitié moins de lois civiles ; et cela est très-vrai. Le commerce introduit dans le même pays différentes sortes de peuples , un grand nombre de conventions , d'espèces de biens , et de manières d'acquérir.

(1) Hypotf poses x liv. I , chap. xiv. — (%) Dc9 lois, liv. YIU,

a84 DE L'ESPRIT DES LOIS.

Ainsi , dans une ville commerçante , il y a moins de juges, et plus de lois.

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