‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 5 sur 854 · ÀRSACE ET ISMÉNIE. — LE TEMPLE DE GNIDE. — CÉPHISE ET L'AMOUR · texte numérisé non relu

ÀRSACE ET ISMÉNIE. — LE TEMPLE DE GNIDE. — CÉPHISE ET L'AMOUR

Voici les essais deMontesquieu~danslegenre des fictions. Dans Arsaceet lsmênie, on reconnaît pourtant encore l'homme d'Etat. Il ne voulut pas faire imprimer cette espèce de roman , pensant que le triomphe de l'amour conjugal de l'Orient était peut-être trop éloigné de nos mœurs, pour être bien reçu en France. Le baron de Grimai pense que ce morceau devait faire partie des. Lettrée Persanes , mais que l'auteur finit par l'en séparer k cause de son étendue. Ce ne fut qu'en 17&S que le fils de Montesquieu se décida , d'après les instances de ses amis , à publier cette agréable fiction.

Le Temple de Gnide , au contraire , fut une des premières productions de l'auteur. Il en existe une édition de l'an IJ25 (1), et quelques personnes assurent que la première édition est encore antérieure d'une année à celle-ci. Quoi qu'il en soit, Montesquieu composa ce morceau , que madame du DeSand appelait Y Apocalypse de la Galanterie , pour mademoiselle de Clermont , dont il fréquentait la société. « Après avoir été, dans les Lettres Persanes , Horace , Théophraste et Lucien ; Montesquieu , dit d'Alembert dans son éloge , fut Ovide et Anacréon dans ce nouvel essai. Ce n'est plus l'amour despotique de l'Orient , qu'il se propose de peindre j c'est la délicatesse et la naïveté de l'amour pastoral , tel qu'il est dans une âme neuve , que le commerce des hommes n'a point encore corrompue. L'auteur craignant peutêtre qu'un tableau si étranger à nos mœurs ne parût trop languissant et trop uniforme , a cherché à l'animer par les peintures (1) Paris , ehes Sianrt , 1 vol. in-i*.

it NOTICE.

les plus riantes. Il transporte le lecteur dans des lieux enchantés , dont à la vérité , le spectacle intéresse peu l'amant heureux , mais dont la description flatte encore l'imagination quand les désirs son t satisfaits. Emporté par son sujet , il a répandu , dans sa prose , ce style animé, figuré et poétique, dont le roman de Télémaque a fourni parmi nous le premier modèle. *

On connaît le mot de Piron à une dame qui ayant entrepris de faire l'éloge de Y Esprit des Lois , se perdait dans les hauteurs de son sujet : Madame , croyez-moi , sawez-vous par le Temple de Gnide.

Cette invention poétique a engage deux poètes , Colardeau et Léonard , à mettre le Temple de Gnide en vers. La typographie a cherché aussi à embellir cette fiction. On en publia en 1772, à Paris , une édition in-8°. , avec des figures gravées par Lemire d'après Eisen. M. Didot le jeune, en publia en 1795 une autre, du même format , sur papier vélin , avec des figures en couleur ; enfin l'année suivante , M. Didot l'aine* réunit le Temple de Gnide scvecArsace et Isménie, pour en faire une édition de luxe , tirée seulement à cent exemplaires , format grand in-40. 9 sur papier vélin , avec des figures coloriées.

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