CHAPITRE XI
De la contemplation.
Les hommes étant faits pour se conserver , pour se nourrir , pour se vêtir , et faire toutes les actions de la société , la religion ne doit pas leur donner une vie trop contemplative (i).
LesMahométans deviennent spéculatifs par habitude; ils prient cinq fois le jour , et chaque fois il faut qu'ils fassent un acte par ^lequel ils jettent derrière leur dos tout ce qui appartient à ce monde : cela les forme à la* spéculation. Ajoutez a cela cette indifférence pour toutes choses que donne le dogme d'un destin rigide.
Si d'ailleurs d'autres causes concourent à leur inspirer le détachement , comme si la dureté du gouvernement , si les lois concernant la propriété des terres donnent un esprit précaire , tout est perdu.
La religion des Guèbres rendit autrefois le royaume de Perse florissant ; elle corrigea les mauvais effets du despotisme : la religion mahométane détruit aujourd'hui ce même empire.
(i) C'est riïwonvénient de la doctrine de Foé et de Laockium.