‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 602 sur 854 · LIVRE XXVI, CHAP. XX · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI, CHAP. XX

6ous des lois civiles , ne sont point libres : ils sont gouvernés par la force j ils peuvent continuellement forcer ou être forcés. De là il suit que les traités qu'ils ont faits par force sont aussi obligatoires que ceux qu'ils auraient faits de bon gré. Quand nous, qui vivons sous des lois civiles , sommes contraints à faire quelque contrat que la loi n'exige pas, nous pouvons, à la faveur de la loi , revenir contre la violence : mais un prince , qui est toujours dans cet état dans lequel il force ou il est forcé , ne peut pas se plaindre d'un traité qu'on lui a fait faire par violence. C'est comme s'il se plaignait de son état naturel': c'est comme s'il voulait être prince à l'égard des autres princes , et que les autres princes fussent citoyens à son égard ; c'est-à-dire , choquer la nature des choses.

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