‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 624 sur 854 · LIVRE XXVIII, CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE XXVIII, CHAP. VI

la prendre. Le motif qui engagea les Romains sous les Francs à choisir la loi salique , n'eut point lieu en Italie j le droit romain s'y maintint avec la loi des Lombards.

Il arriva même que celle-ci céda au droit romain ; elle cessa, d'être la loi de la nation dominante ; et quoiqu'elle continuât d'être celle de la principale noblesse , la plupart des villes s'érigèrent en républiques , et cette noblesse tomba , ou fut extern minée (i). Les citoyens des nouvelles républiques ne furent point, portés à prendre une loi qui établissait l'usage du combat judiciaire , et dont les institutions tenaient beaucoup aux coutumes et aux usages de la chevalerie. Le clergé , dès-lors si puissant en Italie, vivant presque tout sous la loi romaine , le nombre de ceux qui suivaient la loi des Lombards dut toujours diminuée

D'ailleurs , la loi des Lombards n'avait point cette majesté du droit romain qui rappelait à l'Italie l'idée de sa domination sur toute la terre j elle n'en avait pas l'étendue. La loi des Lombards et la loi romaine ne pouvaient plus servir qu'à suppléer aux statuts des villes qui s'étaient érigées en républiques : or , qui pouvait mieux y suppléer , ou la loi des Lombards , qui ne statuait que sur quelques cas , ou la loi romaine , qui les embrassait tous?

Page 1