LIVRE XXVIII, CHAP. XXIV
soixante livres , et le droit (i) qu'il avait de faire punir le malfaiteur était dévolu au comte.
Il y avait bien des gens qui n'étaient en état ni d'offrir le combat ni de le recevoir. On permettait , en connaissance, de cause , de prendre un champion $ et pour qu'il eût le plus grand intérêt à défendre sa partie , il avait le poing coupé s'il était vaincu (a).
Quand on a fait , dans le siècle passé , des lois capitales contre les duels 9 peut-être aurait-il suffi d'ôter à. un guerrier sa qualité de guerrier par la perte de la main ; n'y ayant rien ordinairement de plus triste pour les hommes que de survivre à la perte de leur caractère.
Lorsque , dans un crime capital (3) , le combat se faisait par champions , on «mettait les parties dans un lieu d'où elles ne pouvaient voir la bataille : chacune d'elles était ceinte de la corde qui devait servir à son supplice , si son champion était vaincu.
Celui qui succombait dans le combat ne perdait pas toujours la chose contestée ; si , par exemple , l'on combattait sur un interlocutoire , l'on ne perdait que l'interlocutoire (4)>