‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 751 sur 854 · LIVRE XXXI, CHAP. IL · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI, CHAP. IL

pendant la faiblesse du règne de Gontrand , la cruauté de celui de Chilpénc , et les détestables régences de Frédégonde et de Brunehault. Or , comment la nation aurait-elle pu souffrir des griefs si Solennellement proscrits , sans s'être jamais récriée sur le retour continuel de ces griefs ? Comment n'aurait-elle pas fait pour lors ce qu'elle fit lorsque , Chilpëric II ayant repris les anciennes violences (i) , elle le pressa d'ordonner que , dans les jugemens , on suivit la loi et les coutumes , comme on faisait anciennement (2) ?

Enfin cette constitution, faite pour redresser les griefs, ne peut point concerner Clotaire Ier , puisqu'il n'y avait point sous son règne de plaintes dans le royaume à cet égard, et que son autorité y était très-afiermie, surtout dans le temps où l'on place cette constitution; au lieu qu'elle convient très-bien aux événement qui arrivèrent sous le règne de Clotaire II , qui causèrent une révolution dans l'état politique du royaume. Il faut éclairer l'histoire par les lois , et les lois par l'histoire.

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