ERREURS PARTICULIÈRES DU CRITIQUE
On croirait que le critique a juré de n'être jamais au fait de l'état de la question , et de n'entendre pas un seul des passage» qu'il attaque. Tout le second chapitre du Livre XXV roule sur les motifs plus ou moins puissans qui attachent les hommes à la conservation de leur religion : le critique trouve , dans son imagination , un autre chapitre qui aurait pour sujet des motifs qui obligent les hommes à passer d'une religion dans une autre. Le premier sujet emporte un état passif; le second un état d'action :
(1) Liv. XXIII, chap. xxi, & la fin.
et , appliquant sur un sujet ce que l'auteur a dit sur un autre , il déraisonne tout à son aise.
L'auteur a dit , au second article du Chapitres du Livre XXV : Nous sommée extrêmement portés à F idolâtrie , et cependant nous ne sommes pas fort attachés aux religions idolâtres; nous ne sommée guère portés aux idées spirituelles , et cependant nous sommes très-attachés aux religions qui nous font adorer un être spirituel. Cela vient de la satisfaction que nous trouvons en nous-mêmes d'avoir été assez intelligens pour avoir choisi une religion qui tire la Divinité de l'humiliation où les autres l'avaient mise. L'auteur n'avait fait cet article que pour expliquer pourquoi les Mahométans et les Juifs, qui n'ont pas les mêmes grâces que nous , sont aussi invinciblement attachés à leur religion qu'on le sait par expérience : le critique l'entend autrement. C'est à l'orgueil , dit-il , que l'on attribue d'avoir fait passer les hommes de l'idolâtrie à l'unité d'un Dieu (i). Mais il n'est question ici, ni dans tout le Chapitre, d'aucun passage d'une religion dans une autre : et si un Chrétien sent de la satisfaction à l'idée de la gloire et à la vue de la grandeur de Dieu , et qu'on appelle cela de l'orgueil , c'est un très-bon orgueil.