CHAPITRE VIII
Des accusations , dans les divers gouvernement.
A Rome (3) , il était permis à un citoyen d'en accuser un autre. Cela était établi selon l'esprit de la république , ou chaque citoyen doit avoir , pour le bien public , un zèle sans bornes , ou chaque citoyen est censé tenir tous les droits de la patrie dans ses mains. On suivit, sous les empereurs , les maximes de la république ; et d'abord on yit paraître un genre d'hommes funestes , une troupe de délateurs. Quiconque avait bien des vices et bien des talens , une âme bien basse , et un esprit ambitieux , cherchait un criminel dont la condamnation pût plaire au prince ; c'était la yoie pour aller aux honneurs et à la fortune (4) , chose que nous ne voyons point parmi nous.
(1) Voyc* la loi II, $. 24, ff. de Orig.jur. — (2) Qaèd pater paella? abesaet , locom iujari» eaie ratât. Tite-Live , décade I , Uv. IIL — (3) Et dans bien d'antres cités. —(4) Voyez, dans Tacite» les récompense» accordées a ces délateurs.