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guerre qui devient un lien de la paix ^ sans que je puisse deviner quel est ce luotif, quelle est cette guerre, qui la fait, à qui an la fait, quel est le personnage qui parle. Je vois une reine qui cesse de tenir plus la couronne inc(;rtaine, et qui va mettre le sceptre dans la main au plus heureux; mais on ne m'apprend pas seulement le nom de cette reine. J'apprends seulement que Rodogune va être montée sur le troue par cette reine inconnue.
Toutes ces irrégularités se manifestent à moi bien plus aisément dans la prose , que lorscpi'elles m'étoient déguisées par la rime et par la déclamation. Je suis confirmé alors dans le principe de ^1. de Voltaire, qui établit que, pour bien juger si des vers sont corrects, il faut les réduire en prose. ^I. Clément dit (pie ce système est celui d'un fou. Je ne crois point être fou en l'adoptant : j'cîspèn; seulement que M. Clément aura un jour une raison [)lus sage et plus honnête.
Les bornes de ce petit écrit ne me permettent que d'ajouter ici cjuelqucîs mots sur les injures atroces que M. Clément (lit à M. de f^a Harpe dans sa dissertation, qui devoit être purement grîunmaticale. 11 l'accuse d'avoir fait une partie des commentaires sur le théâtre de Conieilh; par un motif d intérêt, et il hasarde cette calomnii* j)()ur Taccabler d'outrages, (jui ne peuvent que r(;tom!)cr sur ( elui (jui les prodigue si injustement. Je nai j.nnnis vu M. de Voltaire; iuais je suis assez instruit de scvs procédés envers la famille de Pierre Corneille, et du siMitinuMit de tous les honnijtes gens, pom^ savoir (:ond)i(n ils réprouvent les invectives odieuses de M. Clément, ([ui ^ont aussi déplacécv
que ses critiques. J'ai peu tu M. de La Harpe, je ne le connois que par les ezcelleots ouvrages qui loi ont mérité tant de prix à l'Académie, et par des pièces de poésie qui respirent le bon goàt. Tous ceoz qui oDt pu lire ce libelle de M. Clément, condamnent unanimement cette fureur grossière avec laquelle il amène ici le nom de M. deLa Harpe pour Tintulter sans aucune raison. On est bien surpris qu'il continue comme il a débuté, et qu'après avoir fait un volume d'injures déjà oubliées contre M. de Saint- Lambert et tant d'autres gens de lettres si estimables, il veuille pertu»der au public que MM. de Voltaire et de La Harpe ont travaillé de concert à décrier le grand Corneille ; tandis que l'auteur de Zàire, A'Ahire, AeMérope, de Brutm, de Sémiramis, de Mahomet, de rOrphdm, de ta Chine, de Tancràdt, est à genoux devant le père du tbéâtre, devwtt le grand auteur du Cid, d'Horace, de CUnna, de Poljftuctt, de Pompée, tandis qu'il ne rétive les feules qu'en admirant les beautés avec entbonsiasme; tandis qu'à peine il critique PerikarUe, Théodore, Don Sancke, JttiU, PttIcUrie, Ayésiiaa^ Surénai enBn tandis qu'il n'a entr^ris le commentaire de cet auteur, si grand et siinégri,qiiepouraQgHieBter la dot de sa vertueuse descendante.
Il m'a paru que le comncntateur de Comàlle n'a- Toit eu eu vue que b vérité et l'instmctira des gens de lettres. J'iaine & voir comment, en imttantla ooadiiite de l'Académie lorsqu'elle jugea le Cid, il méte • touE moments la juste louange & la juste critique. J'ainw à voir comme il craûtl souvent de décider. Vuîci comme il s'exprime sur une difficahô ^^ sb
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propose (Lins l'cxaineu du troisième acte de Cinna. Ccsi sur (juoi les lecteurs qui connoissent le cœur humain (loivern prononcer. Je suis bien loin de porter un jugement. J'aime sur-tout à voir avec quel respect, avec quels scmtiments d'un co'ur pénétré, il met Cinna au-dessus de \ Electre et de YOEclipe de Sophocfc, ces deux cliefs-d\euvre d(î la (jréce, et cela, même en relevant de très grands défauts dans Cinna. M. de Voltaire m'a paru un lu)mme passionné de Tart, qui en sent les b(»a!Ués avec idolâtrie, et qui est choqué très vivement des délhuts. Un libraire m'a assuré qu'il se traite ainsi lui-même, et qu'il a été malade par un excès d'allliction de ce (ju'on avoit imprimé de lui des pièces de société qu'il ne jujjeoit pas dignes du public.
Qu'a donc de connnun M. Clément avec l'auteur de Cinna ^ et avec celui de Mahomet? De quel droit se met-il entre eux? Pourquoi ce déchaînement contre tous ses contemporains ? Faut-il ainsi aboyer à la porte à tous ceux qui entrent dans la maison ! Que ne donnet-il plutôt des exemples ! Que ne donne-t-il sa tragédie de Médce! Nous lui applaudirons si elle est bonne. Les beautés qu'il aura répandues enrichiront notre littératuie; mais tant qu'il fatiguera le public de satires en prose et d injures personnelles, il ne faudra que le plaindre.