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CHANSON
Toi qui près d'un beau visage Ne veux que feindre 1 amour, Tu pourrois bien quelque jour Eprouver à ton dommage Que souvent la fiction Se change en affection.
Tu dupes son innocence,
Mais enfin ta bb(^rté
Se doit à cette beauté
Pour réparer ton offense ; Car souvent la fiction Se change en affection.
Bien que ton cœur désavoue Ce que ta langue lui dit, C'est en vain qu'il la dédit. L'amour ainsi ne se joue; Et souvent la fiction Se change en affection.
Sache enfin que cette flamme Que tu veux feindre au dehors , Par des inconnus ressorts
POÉSIES DIVERSES Entrera bien dans ton ame; Car soureut la fiction Se change en affection.
Tyrcis auprès d'Hippolyte Pensoit bien garder son cœur; Mais ce bel objet vainqueur Le 6t rendre à son mérite.
Changeant en affection,
Malgré lui, sa fictitm.
CHANSON
Vos beaux yeux sur ma frandiise N'adressent pas Inen leurs coups, Tête chauve et barbe grise Ne sont pas viande pour vous ; Quand j'aurois Theur de vous [rfairfrt Ce seroit perdre dn temps ; IHs, que pourries- vous feire D'uQ galant de cinquante ans ?
Ce qui vous rend adorable N'est propre qu'à m'alarmer, Je vous bttuve trop aim^le Et crains de vous trop aimnr :
Mon cœur à prendre «st fecile ,
Mes vœux sont des plus constants ; Mais c'est un meuble inutile Qu'un galant de cinquante ans.
Si Tarmure n est complète , Si tout ne va comme il faut, Il vaut mieux faire retraite Que d'entreprendie un assaut :
L'amour ne rend point la place A de mauvais combattants, Et rit de la vaine audace Des galants de cinquante ans.
CHANSON
Si je perds bien des maîtresses, J'en fais encore plus souvent, Et mes vœux et mes promesses Ne sont que feintes cai^esses.
Et mes vœux et raes promesses Ne sont jamais que du vent.
Quand je vois un beau visage, Soudain je me fais de feu ; Mais long-temps lui faire hommage Ce u est pas bien mon usage :
Mais long-temps lui faire hommage Ce n est pas bien là mon jeu.
J'entre bien en complaisance Tant que dure une heure ou deux; Mais en perdant sa présence Adieu toute souvenance; Mais en perdant sa présence Adieu soudain tous mes feux.
Plus inconstant que la lune Je ne veux jamais d'arrêt; La blonde comme la brune En moins de rien m'importune; La blonde comme la brune En moins de rien me déplaît
Si je feins im peu de braise, Alors que Fhumeur m'en prend, Qu'on me chasse, ou qu'on me baise.
Qu'on soit facile ou mauvaise, Qu'on me chasse, ou qu'on me baise, Tout m'est fort indifférent.
Mon usage est si commode, On le trouve si charmant, Que qui ne suit ma méthode N'est pas bien homme à la mode, Que qui ne suit ma méthode Passe pour un Allemand.
DE P. COIUNEILLE.
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SONNET