‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 33 sur 119 · ÉPITAPHE · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE

SUR LA MORT DE DAMOISELLE ELISABETH RANQUET \ FEMME DE M. DU GHEVRECL, ÉCUTER, WIGNEUR d'eSTURMVILLE.

^ SONNET

Ne verse point de pleurs sur cette sépulture, Passant : ce lit fiinébre est un lit précieux, Où gît d'un corps tout pur la cendre toute pure; Mais le zélé du cœur vit encore en oes lieux.

Avant que de payer le droit de la nature

Son ame, s'élevant au-delà de ses yeux,

Âvoit au Créateur uni la créature;

Et marchant sur la terre elle étoit dans les cieux.

Les pauvres bien mieux qu'elle ont senti sa richesse : L'humilité, la peine, étoient son alégresse; Et son dernier soupir fut un soupir d amour.

' On trouve cette pièce dans la Vie de cette Bëate, inoprimëe à Paris pour la première fois en i655, et pour la seconde fois en

Passant, qu'à son exemple un beau feu te transporte;

Et, loin de la pleurer d'avoir perdu le jour,

Crois qu'on ne meurt jamais quand on meurt de la sorte.

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