L'IMMORTELLE BLANCHE
MADRIGAL
Donnez-moi vos couleurs, tulipes, anémones; Œillets, roses, jasmins, donnez-moi vos odeurs ; Des contraires saisons le froid ni les ardeurs
Ne respectent que les couronnes
Que Ton compose de mes fleurs :
Ne vous vantez donc point d'être aimables ni belles ; On ne peut nommer beau ce qu'eflace le temps : Pour couronner les beautés éternelles,
Et, pour rendre leurs yeux contents.
Il ne faut point être mortelles; Si vous voulez affranchir du trépas
Vos brillants, mais frêles appas.
Souffrez que j'en sois embellie ; Et, si je leur fois part de mon éternité.
Je les rendrai pareils aux appas de Julie,, Et dignes de parer sa divine beauté.
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