‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 61 sur 119 · SCB LES ÉTATS DE H01.L1S IMITÉES DU I · texte numérisé non relu

SCB LES ÉTATS DE H01.L1S IMITÉES DU I

Les douceurs de la r»«.'' D„Msestran,paies.om!' S„spendolentlecout^ou^ CeeourMMSÙrde^a.»' Vous rayiez éprouve, H" L'Espagne et sa lenteur.

El ce triomphe heureu' Sembloit mettre une l> Mais une si facile et si - Pour le victorieux u tnoureiix des péri' I] ne saurait goùtei Ilnesauroitlenir Des murs (juitré^ DeabmanDt I

"^ i: p. CORNEILî.i:. 9.61

' 1 f > i^ roi n'en conçoit point d'alarmes?

'*''>*^sit, |)Ins il V voit (Uî cljannes :

"'^i i'< "double an lien de s arrêter; ***c-c.>iitjoître et tout exécuter,

* * • le^ front à toute la tempête,

* ' * * t ^l 11 hras et de l«i rête.

^** 1 1' cle (jloire eni])orte ses sujets; ^ ^ "^ oir part à ses nobles projets ; ^^^-- ^ et la France, en (guerriers si féconde, • ^o^ drapeaux ne rangea tant de monde.

.1 rouvre pour nous la mer de cent vaisseaux

les Munster nous prête ses vassaux;

. pour marcher contre des sacrilêjjes,

i e repos quittent les privilégies,

lUtérêts d'un Dieu leur souverain

a nos lis le tonnerre à la main.

ut la Hollande entend la Renommée

. (' marche et vanter notre armée.

I brutal, et Tartisan sans cœur, «laite osent se faire honneur :

II parti, cet x\msterdam, qu'on nomme . (lu monde et l'émule de Home,

\ er d'un sort à ce yrand sort éyal , 1 sa porte un second Annibal; lii Pyrrhus, un Jugurthe, un Persée; . rois vaincus promenant sa pensée, . tous ces temps où les moindres bourgeois iC avec mépris regardoient tous les rois :

-,i son trafic et des armes vénales

faire un cœur et des forces égales !

Voyons, il en e^t tettip&, ifameux républicaîas, Nouveaux enfants de Mars, ri'yaux des vieux B<aiBailiS| Tyrans de tant de mers, voyonià de (fueUe audace Vous détachez du toil Fariïiet et la «cuirassé. Et rendez le tranchant à <îfe^gîaiVè^i*bilillés, Que du sang espagnol vos pères ^ont'souUlés.

Juste ciel I me trompé-je, ou $i déjà la guerre. Sur le§ deux bords du Rhin fait bi*uîte son tonnerre? Condé pressa Vesel , tandis qu'avec mon roi Le généreux Philippe assiège et balOrsoi; '*Ce iûohàrque avec lui devârtit Rhittâbergue tonne, Et Turèntié proidet Bntitr à^ oouronne.

Quati% ôiegës eiiseiàblè, 'btf lès' moindres i^mparts Ont bravé sî loûg-témpë itoê inodei^nes Césars, Où tout défend rabora ; (qui Tauroit osé croire ! ) Mon prince ne s'en fait qu'une seule victoire. Sous tant de bras mih' il* k peur d^accabter, Et les divise exprês'pour fafre moins WertiMer; Il s'afFoiblit exprès potir laisser dtt léotat-a'ge ; Pour faire plus d^clàt 8 prend moins tï'a'vantage; Et, n'envoyant par-tout que dies partis égaux. Il cherche à voir par^bottt réjpondre à ses assauts.

Que te sert, 6 grand roi, cette nobte <;onti'alhte? Partager tes drapeaux, <;*est partager la <;rainte, ' L'épaûdre en plus de lieux, et faire sous teà lois ' Tomber piltis de rfemparts rt dfe pewple à^Ià-fois. Pour t'affoiMii* âînsi tu n'en diévietas pas moindre. Ta fortune par-tout ^ah l'art dte te rejoindre : L'effet est sûr au bras dès que ton cœur rësoiit ; Tu ne bats qh'une plat^,«ttes soins vont par^tout;

Par-tout on croit te voir, par-tout on- t'appréhende, Et tes ordres font tout, quelque chef qui commande.

Amsi tes pavillons a peine sont plantés, A peine vers les murs tes canons sont pointés, Que Thahitant s'effraie, et le soldat s'étonne; Un bastion le couvre , et le cœur Tabandonne; Et le front menaçant de Umt de boulevards, De tant d épaisses tours qui flanquent ses remparts, Tant de foudres d airain, tant de masses de pierre. Tant de munitions et de bouche et de (juorre. Tant de larges fossés qui nous ferment le pas, Pour tenir quatre jours ne lui suffisent pas. L'épouvante domine, et la molle prudence Court au-devant du joug avec impatience.

Se donne à des vainqueurs que rien n'a signalés, Et leur ouvre des murs qu'ils n ont pas ébranlés.

Misérables ! quels lieux cacheront vos misères Où vous ne trouviez pas les ombres de vos j)ères, Qui, morts pour la patrie et pour la liberté, Feront un long reproche à votre lâcheté ?

Cette noble valeur autrefois si connue, Cette digne fierté, qu'est-elle devenue? Quand sur terre et sur mer vos combats obstinés Brisoient les rudes fers à vos mains destinés ; Quand vos braves Nassaus, quand Guillaume et Maurice Quand Henri vous guidoit dans cette illustre lice; Quand du sceptre danois vous paroissiez l'appui, N'aviez-vous que les cœurs, que les bras d'aujourd'hui? Mais n'en réveillons point la mémoire importune ; Vous n'êtes pas les seuls, l'habitude est commune,

Et Tusage n'est plus d'attendre sans effroi Des François animés par Taspect de leur roi.

Il en rougit pour vous, et lui-même il a honte D'accepter des sujets que le seul effroi dompte; Et, vainqueur malgré lui sans avoir combattu, Il se plaint du bonheur qui prévient' &a vertu.

Peuples , l'abattement que vous faites ûonnottre Ne fait pas bien sa cour à votre nouveau maître; Il veut des ennemis, et non pas des fuyards Que saisit l'épouvante à nos premiers regài^ds : Il aime qu'on lui fesse acheter la victoire, La disputer si mal c'est envier sa gloire ; Et ce tas de captifs, cet amas de drapeaux, Ne font qu'embarrasser ses pl*bjets les plus beaux.

Console-t'en, mon prince; il s'ouvre une autre voie A te combler de gloire aussi bien que de joie : Si ce peuple à l'effroi se laisse trop dompter, Ses fleuves ont des flots à moins s'épouvanter. Ils ont fait aux Romains assez de résistaijice Pour en espérer une en faveur de ta France; Et ces bords, où jamais l'aigle ne fît la loi, S oserpnt quelque temps défendre contre toi.

A ce nouveau projet le monarque s'enflamme, Il l'examine, tâte, et résout en son ame; Et, tout impati^it d'en recueillir le fruit, Il part dans le silence et l'ombte de là nuit. Des guerriers qu'il choisit l'escadron intrépide, Glorieux d'un tel choix, et ravi d'un tel guide, Marche incertain des lieux où l'on veut son emploi. Mais assuré de vaincre où l'emploiera son roi.

DE P. COU NE H. LE. u6S

Le jour à peine luit que le Rhin se rencontre; Tholus frappe les yeux ; le foit de Skeink se montre : On s'apprête au passage, on dresse les pontons, Vers la rive opposée on pointe les canons.

La frayeur que répand cette troupe guerrière Prend les devants sur elle, et passe la première; Le tumulte à la suite et sa confusion Entraînent le desordre et la division.

La discorde effarée à ces monstres préside, S empare au fort de Skeink des cœurs qu'elle intimide, Et d un cor enroué fait sonner en ces lieux La fureur des François et le courroux des cieux, Leur étale des fers, et la mort préparée, Et des autels brisés la vengeance assurée.

La vague au pied des murs à peine ose frapper. Que le fleuve alarmé ne sait où s'échapper; Sur le point de se fendre, il se retient, et doute Ou du Rhin ou du W'hal s'il doit prendre la route.

Les tremblements de Tile ouvrant jusqu'aux enfers (Écoute, Renommée, et répète mes vers) Le grand nom de Louis et son illustre vie Aux Champs élysiens font descendre l'Envie, Qui pénétre à tel point les mânes des héros, Que, pour s'en éclaircir, ils quittent leur repos. On voit errer par-tout ces ombres redoutables Qu'arrêtèrent jadis ces bords impénétrables : Drusus marche à leur tête, et se poste au fossé Que pour joindre l'Yssel au Rhin il a tracé; Varus le suit tout pâle, et semble dans ces plaines Chercher le reste affreux des légions romaines;

a66 POÉSIES DIVERSES

Son vengeur après lui, le grand Germanicus,

Vient voir comme on vaincra ceux qu'il n a pas vaincus :

Le fameux Jean d'Autriche, et le cruel Tolède,

Sous qui des maux si grands crûrent par leur remède ;

L 'invincible Famèse, et les vaillants Nassaus,

Fiers d avoir tant livré, tant soutenu d assautâ,

Reprennent tous leur part au jour qui nous «édaîrc

Pour voir faire à mon roi ce qu'eux tous n'ont pu £aiire,

Eux-mêmes s'en convaincre, et d'un regard jaloux

Admuper un héros qui les effiice tous.

Il range cependaixt ses troupes au rivage, Mesure de ses yeux Tholus et le passage, Et voit de ces héros ibères et romains Voltiger tout autour les simulacres vams :

Cette vue en son sein jette une ardeur nouvelle D'emporter une gloire et si haute et si bdle. Que, devant ces témoins à le voir empressés, Elle ait de quoi ternir tous les siècles passés : Nous n'avons plus, dit-il, afiaire à ces Bataves De qui les corps massifs n'ont que des cœurs d^esclaves; Non, ce n'est plus contre eux qu'il nous faut éprouver, C'est Rome et les Césars que nous allons braver. De vos ponts commencés abandonnez l'ouvrage, François ; ce n'est qu'un fleuve, il iaut passer à nage, Et laisser, en dépit des fureurs de son cpurs , Aux autres nations im si tardtf secours :

Prenez pour le triomphe une plus couite voie ; C'est Dieu que vous servez, c'est moi qui vous envoie; Allez , et faites voir à ces flots ennenm Quels intérêts le ciel w vos mains a remis.

C étoit assez en dire à de si fjrands courages : Des barques et des ponts on hait les avantages; On demande, on s'efForre à passer des premiers : Grammont ouvre le fleuve à ces bouillants guerriers : Vendôme, d'un grand roi race tout héroïque, Vivonne, la terreur des galères d'Afrique, Briole,Chavigny, Nogent, et Nantouillet, Sous divers ascendants montrent même souhait; De Termes, et Coaslin , et Soubise, et La Salle, Et de Saulx, et Kevel ont une ardeur égale; Et Guitry, que la Parque attend sur l'autre bord, Sallart et Beringhen font un pan^l effort.

Je n'achéverois point si je vonlois ne taire Ni pas un commandant, ni pas un volontaire:

L'histoire en prendra soin, et sa fidéUté Les consacrera mieux à l'immortalité.

De la maison du roi l'escadre ambitieuse Fend après tant de chefs la vague impétueuse, Suit l'exemple avec joie; et peut-être, grand roi, Avois-je là quelqu'un qui te seivoit pour moi : Tu le sais, il suffit. Ces guerriers intrépides Percent des flots grondants les montagnes liquides. La tourmente et les vents font horreur aux coursiers, Mais cette horreur en vain résiste aux cavaliers; Chacun pousse le sien au travers de l'orage ; Le péril redoublé redouble le courage; Le gué manque, et leurs pieds semblent à pas perdus Chercher encor le fond qu'ils ne retrouvent plus; Ils battent Peau de rage, et malgré la tempête Qui bondit sur leur croupe et mugit sur leur tête.

L'impérieux éclat de leurs hennissements

Veut imposer silence à ses mugissements :

Le gué renaît sous eux; à leurs crins qu'ils secouent,

Des restes du péril on diroit qu'ils se jouent.

Ravis de voir qu'enfin leur pied mieux affermi,

Victorieux des flots, n'a plus qu'un ennemi.

Tout-à-coup il se montre, et de ses embuscades Il fait pleuvoir sur eux cent et cent mousquetades; Le plomb vole , l'air siffle , et les plus avancés Chancellent sous les coups dont ils sont traversés. Nogent, qui flotte encor dans les gouffre3 de l'onde, En reçoit dans la tète une atteinte profonde : Il tombe, l'onde achève, et, l'éloignant du bord. S'accorde avec le feu pour cette double mort.

Que vois-je? les chevaux, que leur sang effiirouche, Bouleversent leur charge, et n'ont ni frein ni bouche, Et le fleuve grossit son tribut pour Thétis De leurs maîtres et d'eux péle-méle engloutis ; Le mourant qui se noie à son voisin s'attache, Et Tentraine après lui sous le flot qui le cadié. Quel spectacle d'effroi, grand Dieu ! si toutefois ■ Quelque chose pouvoit efirayer des François.

' Rien n'étonne ; on fait halte , et toute la surprise N'obtient de ces grands cqeurs qu'un iQOûi^it de remise Attendant qu'on les pigne, et qu'un gros qui les suit Enfle leur bataillpn que l'œil du roi conduit. Le bataillon grossi gagne l'autre rivage.

Fond sur ces faux vaillants, leur fait perdre courage; Les pousse, peroe, écarte, et, maître de leur bord, Leur porte à- coups pres^sés l'épouvante et la mort.

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