A LAUDES
Entre, heureux champion, la carrière est ouverte; Dieu te voit, et t appelle au trône préparé; Entre, et vois les tyrans animés à ta perte, De Tœil dont tu yerrois un trophée assuré.
Quand d'un cheval farouche à la q^eue.Qn te Ue, S'il déchire ta chair, elle en éclate mieux; Et s'il brise ton corps, ton ame recueillie, Par un vol avancé va s'emparer des cieux.
Ton sang, en quelque lieu que sa fougue t'emporte, Laisse empreinte à longs traits la gloire de ton nom, Et c'est une semence illustre, vive et forte, Qui, de nouveaux martyrs, germe une ample moisson.
Les verges sur la croix te font un long supplice; Tu jouis en secret de toute sa lenteur; Et ton zélé applaudit à la fureur propice Qui fait l'image en toi de ton saint Rédempteur.
Tu braves Jupiter, tu ris de sa statue.
Tu la jettes par terre au lieu de Tenccnser, Et ne redoutes point ce foudre qui ne tue, Qui n'agit qu'en peinture, et ne se peut lancer.
On venge sur ton pied ce noble sacrilège. Tu n'en cours pas moins vite où t'appelle ton Dieu; Ton Dieu, dont il reçoit ce digne privilège.
Qui, sans corruption, le garde en ce saint lieu.
Gloire au Père éternel, gloire au Fils ineffable, Gloire toute pareille à I Esprit tout divin; Gloire à leur unité, dont l'essence adorable Régne sans borne aucune, et régnera sans fin.