‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 72 sur 119 · A MATINES · texte numérisé non relu

A MATINES

Chantons , peuple , chantons ce {juèrrier dont Marseille Vit le sang insulter au démon étonné; Produire, en s'épanchant merveille sur merveille. Et teindre les lauriers dont il fut couronné.

Victor quitte les rangs, et dédaigne la paie. Pour suivre, pauvre et nu, Tétendard de la Croix;

Et du camp des Césars , où sa valeur s essaie.

Il passe y heureux transfuge, au camp du Roi des rois.

On le charge de fers, on lui choisit des peines, Au fond d'un noir cachot on le tient garrotté ; Il est libre au milieu des prisons et des chaînes, Et rempht le cachot de sa propre clarté.

Ses gardes, effrayés par ce double miracle, Conçoivent des faux dieux une invincible horreur. Prennent le saint pour guide, et sa voix pour oracle. Et dans un bain sacré lavent leur vieille erreur.

Gloire au Père éternel, gloire au Fils inefïiad)le. Gloire toute pareille à TEsprit tout divin; Gloire à leur unité, dont Tessence adorable Régue sans borne aucune, et régnera sans fin.

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