‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 78 sur 119 · PSAUME XXX · texte numérisé non relu

PSAUME XXX

In te y Domine, speravi^ non confundar in œÈermim.

J'ai inis en vous mon espérance,

Sera-ce à ma ,conf usioiï , Seigneur? et votre bras est-il dans Timpuissance De me faire justice en cette occasion ?

Déployez-le , Fennemi presse ,

Prêtez ToreiUe à mes clameurs :

Veçez, et hâtez- vous d'appuyer ma foiblesse; Pour peu que vous tardiez , tout me manque, et je meurs

Je n ai plus ni vivres ni places ,

Je n ai ni troupes ni vigueur ; Et, si votre secours n arrête mea disgrâces, Je succombe à la force, ou tombe de langueur.

Mais vous serez ma citadelle,

Vous suppléçir^^ à mes besoins ; J'aurai pour ma conduite.une grâce nouvelle.

J'aurai pour subsistance ui| effet de vos soins.

C'est en vain qu*on me dresse un piège, C'est en vain qu'on veut m'assiéger ;

DE P. COllNEILLE. 349

Vous romprez les filets, vous confondrez le siège, Un seul de vos regards saura me protéger.

Souffrez qu'en vos mains je remette

Une aine réduite aux abois :

Dieu de vérité ! servez-moi de retraite, Vous qui m'avez déjà racheté tant de fois.

PSAUMi: XXXI

Beati quoru)n reniissœ sunt iniauitates.

Heureux sont les mortels dont les saints artifices Ont lavé les péchés par des pleurs assidus, Rt par le rude choix de leurs justes supplices Les ont si bien couverts que Dieu ne les voit plus !

Plus heureux l'homme encor dont l'innocente vie N'a rien que Dieu lui veuille imputer à forfait, L'homme en qui jamais fourbe et jamais calomnie N'infecte ce qu'il dit, n'empeste ce ({u'il fait!

Mon crime s'est long-temps caché sous le silence j Mes maux en sont accrus, mon visa{;e envieilli; Vx les cris que m'arrache enfin leur violcMire Sont le fruit doulounniK (|ue j eu ai reciuûlli.

?5o POJÉSÏB^ PIVEIlSeS

Mop 9m$ Wf a œnti ta maio appe^aptîe.

Dont le fardeau aaeret m'accable piiit et joiir -^ Moii corps en a senti sa vigueur amortie , Et l'angoisse a flh» f^t «mr fpoi que toa ^mour,.

C'est elle qui 19e force kp^t» f^^^ rie^ faire : Je veux t'avQuer tp^t, Seig^e^r» ^t h^utemei^ Me dire un assassin, uu traître, un adultère; Eu acc^ptei: ja hpAte ^ aiiper le châtiment.

En vain, mon' ame^en vain qel aveu t'ef|irouche, Il faut servir à Dieu de'témoin'contre nous; Vois que ces mots à peine ont sorti de ma bouche, Qu ils m ont rendu sa grâce et fléchi son courroux.

C'est comme en doit user une ame qui n aspire Qu'à rentrer au vrai calme oji met la sainteté; Il faut qu'elle a'aoeuse» il fout qu'elle soupire Tandis qu'elle a le temps d'imfJpTfir sa bonté.

Que la fureur des eaux par un nouveau déluge Sur les plus hauts rochers ose eucor s'élever; Quand l'honme t'a choisi, Seigneur» ppui* 9Qn refuge, Ces eaux jusquea à lui ne saur^eut arriviçr.

J'ai mis en toi le mien contre l'affreux ravage Des tribulations où tu m'as vu j^ongé; J'ai mis en toi ma joie : achève et me dégage De toutes les fureurs dont je ^ui^ assiégé.

DE P. CORNEILLE. 35i

Oui, je te donnerai, me dis-tu, la prudence, Pour servir à tes pas de régie et de flambeau. Je t'instruirai moi-mcme en ma haute science, Et j'aurai 1 œil sur toi jusque dans le tombeau.

Vous donc, si vous voulez éviter les tempêtes Que son juste courroux roule à chaque moment, Mortels, ne soyez pas semblables à des bêtes Qui manquent de raison et de discernement.

Domptez avec les mors, domptez avec la bride,

Ces esprits durs et fiers, ces naturels brutaux

Qui refusent, Seigneur, de vous prendre pour guide;

Hommes, mais après tout moins hommes que chevaux.

Il est mille fléaux pour le pécheur rebelle Qui ne veut suivre ici que son propre vouloir; Mais Ja miséricorde est un rempart fidèle Pour quiconque à vous seul attache son espoir.

Faites-en éclater une pleine alégresse.

Justes, sans crainte aucune ou de trouble ou d'ennui; Et vous, cœurs purs et droits, glorifiez sans cesse L'auteur de votre joie, et vous-mêmes en lui.

35a POÉSIES DITERSES

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