PSAUME C
Domine, cxaudi oratlonern meam.
Seigneur, écoutez ma prière.
Laissez-lui désarmer votre juste courroux, Et permettez aux cris que pousse ma misère De pénétrer le ciel pour aller jusqu'à vous.
Ne détournez plus votre face Des mortelles doideius qui m'ont percé le sein, Et dès le premier coup, dès leurs moindres menaces. Penchez vers moi 1 oreille, et relirez la main.
A quelque lieiiic (jue ma souffrance Implore votre appui, rt clame votre nom.
No regardez mes ferb (|ue pom* ma délivrance, îse regardez mes uiuiix (jiie pour leur guérison.
Mes jours ne saat que la fumée D'an tronc que vos foreurs viennent de foodroya*; Ils vont s'évanouir, et ma chair oHisamée Couvre à peine des os aussi secs qu'un foyer.
Le foin sur qui le scieû frappe A moins d'aridité que le fond de mon cceur ; Ma languissante vie à toute heure m'édiappe.
Et Êiute de manger je nourris ma langueur.
En vain je pleure et me tourmente; Ce n'est que me hâter de courir au tombeau :
A force de gémir mon supplice s'augmente.
Et mes os décharnés s'attachent à ma peau.
Le pélican est moins sauvage Au fond de son désert que moi dedans ma cour; Et, comme si le jour me foisoit un outrage, Je fois comme un hibou les hommes et le jour.
Tel qu'un passereau solitaire, J*ai peine à supporter mon ombre qui me suit; Et tôuf le long du jour si je ne puis me taire. Je repose encor moins tout le long de la nuit.
Mais ce qui plus enfin me touche, C'est que mes ennemis déclament contre moi, Et que ceux qui n avoient que ma gloire à la bouche Conspirent avec eux pour me faire b loi.
Tandis qu'ils apprêtent leurs armes, La cendre eu mes repas se mêle avec mon pain; Et, comme mou breuva.[;e est trempé dans mes larmes, ïi'amertume rebute et ma soil et ma faim.
Votre colère est lé{;itime, Vos bontés m ont fait roi , jeu ai trop abuse : Mais ne m éleviez-vous ([u à dessein ([ue mon crime Me fit choir de si haut cpie j'en fusse écrasé?
L'ombre, plus elle devient grande, Se perd d'autant plus tôt dans celle de la nuit : C'est là de mes {grandeurs ce cpiil fuit que j'attende; Mon crime est leur ouvra j;e, et ma perte est leur fruit.
Vous êtes seul c[ne rien nViface, Toute une éternité ne chanjje rien en vous; Et vous vous souviendrez, Seijjneur, de race en race, Que vous nous devez grac(; après tant de courroux.
Votre serment nous l'a promise :
Ilàtez-vous, par ])itié, de secourir Sion; Seigneur, il en est temps , le mal est à sa crise ; Il est temps d'exercer votre compassion.
De ses nuu^ailles fracassées Le débris est si cher à vos vrais serviteurs. Que sa poussière allume en leurs amcs pressées Ij'ardeur d'en voir les maux toiu-ner sur leurs auteurs.
Sga POÉSIES DIVERSES
Par tous les climats de la terre Les peuples aussitôt trembleroieut sons vos lois ; Et ce coup merveilleux serviroit de tonnerre A jeter l'épouvante au cœur des plus grands rois.
Ce qu'ils ont refusé de croire.
Ils le verroieat alors , et diroient hautement : Le Seigneur dans Sion a rétabli sa gloire, Et rebâti ses murs jusqu'à leur fondement.
Nous leur dînons ponr repartie : C'est ainsi que de l'humble il écoute les cris , £t que, jetant les yeux sur l'ame convertie.
Il en reçoit Thommage et les vœux sans mépris.
Qu'à toute la race future On laisse par écrit qu'il est et juste et bon : Les peuples qu'après nous produira la nature. Feront dès le berceau l'éloge de stm nom.
Sur-tout que l'histoire letu* marque Gomme assis dans son trône il voit de toutes parts. Et que du haut du ciel ce tout-puissant Monarque Daigne jusque sur terre abaisser ses regards.
C'est de là qu'il entend la plainte, Que des tristes captifs il descend au secours Pour retirer des fers la race heureuse et sainte De ceux qui pour sa gloire ont prodigué leurs jours.
Il veut qu'après leur esclavage Ils courent annoncer cette gloire en tous lieux, Et qu'en Jérusalem un plus entier hommage Le respecte, Texalte, et le connoisse mieux.
Leurs âmes, de ses biens comblées, A de sacrés transports se laisseront ravir; Les peuples en son nom feront des assemblées, Et les rois s'uniront exprès pour le servir.
Mais, cependant que je m'emporte A prévoir les chemins que tiendra sa vertu, Dis-moi ce qui lue reste à vivre de la sorte, Et combien doit languir mon esprit abattu.
Ne borne poiut si tôt ma course, Tîec'de encore un peu \c. dernier de mes jours: Les tiens ont de la vie une iinmortelle source; Tu peux m'en faire part sans (|U ils en soient plus courts.
Au moment que tout prit naissance, Tu préparas la terre eu faveur dos luimains, Et, ces vastes miroirs d(; ta toute-puissance, Les cieux furent, Seigneur, l'ouvrage de tes mains.
Tandis que tu vivras vSans cesse, Ils céderont au feu qui les doit embraser; Comme ce qui respire, ils auront Jeur vieilicsse. Et comme im vet^MneiU ou les vcna s'nsej'.
Cette brillante couverture N'attend que ton vouloir à perdre son éclat : Toi seul n es point sujet à changer de nature, Et tout le cours des ans te voit en même état.
Mais, dans notre peu de durée, Du moins tes serviteurs revivent en leurs fils ; Ils habitent par eux la terre désirée, Et passent dans lem* race aux siècles infinis.