‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 91 sur 119 · PSAUME CIX · texte numérisé non relu

PSAUME CIX

Dixit Dominus Domino meo.

Le Seigneur vient de dire à son Verbe ineffable. Qui n'est pas moins que lui mon souverain Seigneur : Viens te seoir à ma dextre, et rends-toi redoutable Par ce dernier comble d'honneur.

Cependant mon courroux aura soin de descendre Sur ceux qui t'accabloient de leurs inimitiés ; J'en confondrai Taudace, et je saurai les rendre Tels qu'un escabeau sous tes pieds.

Je ferai de Sion partir l'éclat suprême Du sceptre universel qu'à tes mains j'ai promis : Comme je régne au ciel, tu régneras de même Au milieu de tes ennemis.

DE P. CORNEILLE. 3gLy

Au jour de ta vertu tu leur feras connoître, Par les saintes splendeurs de tes droits éclatants, Que mes regards féconds de mon sein t'ont fait naître Avant la naissance des temps.

Je te Tai trop juré pour m'en vouloir dédire, Selon Melchisédech tu seras prêtre et roi ; Et je joindrai moi-même un éternel empire Au sacrifice oflert par toi.

Oui, Seigneur, oui, grand Dieu, ce divin salutaire Qui se sied à ta dextre et nous donne tes lois, Viendra hriser lui-même au jour de sa colère liCS plus fermes trônes des rois.

Parmi les nations ses lois autorisées Feront tant de ruine et de tels châtiments, Qu'en mille et mille lieux les têtes écrasées Publieront ses ressentiments.

L'eau trouble du torrent lui servit de breuvage Tant qu'il lui plut traîner son exil ici-bas; Et sa gloire en reçoit (Vantant plus d'avantage Que rudes furent ses combats.

3g6 POÉSIES DIVERSES

PSAUME ex.

Confitebortibi, Domine.

J'aurai, Seigneur, toute ma vie Votre él(^ à la bouche, et votre amour au cœur; Et les plus g«is de bien auront l'ame ravie D'unir à mes efforts leur plus sainte vigueur.

Dans la grandeur de vos ouvrages.

Je vois l'impression de toutes vos bontés ; Et dans ce qu'ont d'éclat leurs plus bauts avantages Le prompt et plein efifet qu'ont eu vos volontés.

La gloire et la magnificence Sont des trésors brillants qu'un mot seul a produits; Et de votre justice on verra l'abondance Tant qu'on verra les jours fiiir et suivre les nuits.

Le souvenir de vos merveilles S'affermit à jamais par cet illustre don Que fit votre pitié de viandes sans pareilles A ce peuple choisi pour craindre votre nom.

Cette mémoire invariable Du grand pacte qu'ont fait vos bontés avec nous

Vous fera déployer votre bras secourabic,

Et pour un si cber peuple en montrer les grands coups.

Par eux vous le rendrez le maître Des plus riches terroirs de tant de nations ; Et tous vos jugements lui feront reconnoître Ce qu ont de sainteté toutes vos actions.

Vous avez des ordres fidèles De qui la fermeté jamais ne se dément; Ils ont tous pour appui des régies éternelles^ Et la vérité même en est le fondement.

Peuple, adore son bras propice Qui nous envoie à tous de quoi nous racheter; Mais sache qu'en revanche il veut que sa justice A toute éternité se fasse respecter.

Son nom est saint, il est terrible; S'il le faut adorer il le faut craindre aussi; Et des routes du ciel la science infaillible Ne sauroit commencer que par sa crainte ici.

Leur plus parfaite intelligence N'est utile qu'autant qu'on observe ses lois; Et la louange due à sa magnificence Durant tout Ta venir doit occuper nos voix.

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