PSAUME CXIII
/;/ cxitu Israël de :K(jypto.
Du fidèle Abraham race heureuse et chérie, (^uand de tes premiers feis ton Dieu te garantit, ()ue (lu fond de rE(;ypte, et de sa barbarie?,
La maison de Jacob sortit .
4o2 POÉSIES DIVERSES
Il voulut en Judée étaler raboDdanoe De sa miséricorde et de sa sainteté.
Et choisit Israël pour siège à sa puissance.
Et pour objet à sa bonté.
De ce peuple fuyant, loin d arrêter sa course, La mer fuit devant lui sitôt «facette le vit; Et les eaux du Jourdain, rebroussant vers leur source, Lui cédèrent leur propre liL
Soudain les plus hauts montl de joîn en tressaillirent, Gomme un troupeau sur Therbe au son des chalumeaux; Soudain tout à Tentour les collines bondirent, Gonmie bondissent les asBeanx.
O mer, qui t^aUîgeoit de prendjre ainsi la faite ? Indomptable élément, quel hns ta déphoé?
Par quel ordre, Jourdain, et sous qudle conduite Tes eaux ont-elles rebroussé?
Qili vous fit tressaillir, orgneilleaBes OMiatagnes, Gomme au son du pipeau tressaillait les troupeaux? GoUines, qui servex de ceinture aux campagnes. Qui vous fit bondir comme agneaux?
Qui Teùt pu, que œ Dieu qui fait trembler la terre. Qui n a qu a le vouloir, et toot change de Ben,
nous gouverne en paix, qui nons oottronne en gnerre,
Qui de Jaoofa est k seul Ucn?
DE P. CORNEILLE. 4o3
C'est lui qui convertit les rochers en fontaines, Qui de leurs flancs pierreux tire des torrents d eaux. Qui des vastes déserts en arrose les plaines, Qui les y sépare en ruisseaux.
Ce n'est point aux mortels à prendre aucune gloire, Le cœur qu elle surprend la doit désavouer; C'est ton nom , qui lait seul plus qu'on n'eût osé croire, C'est lui, Seigneur, qu'il faut louer.
Fais de tes vérités briller si hien l'empire, Et rends de ta j)itié le pouvoir si connu, <)u'entre les nations on ne puisse nous dire : Votre Dieu , qu'est-il devenu ?
zVveugles mal guidés qui courez vers la chute, Sachez que pour séjour c'est le ciel qui lui plaît, Que son moindre vouloir hautement s'exécute.
Que tout est par lui ce qu'il est.
Vos dieux n'ont point de bras à lancer le tonnerre, Gentils, ils ne sont tous (pie simulacres vains; C'est de l'or, de l'argent, du bois, et de la pierre. Qui tient sa forme de vos mains.
Vous leur faites des yeux, vous leur faites des bouches, (^ui ne savent que c'est de voir et de parler; Et leurs plus vifs regards sont bénins ou farouches Comme il vous plaît les ciseler.
4o4 POÉSIES DIVERSES
Les oreilles chez eux sont de si peu d'usage , Qu'autour d'elles le son frappe inutilement; Et le nez que votre art plante sur leur visage Ne leur y sert que d ornement.
Enfin ils n'ont des mains que pour faire figure; Leurs pieds, s'il faut marcher^ n'y sauroient consentir; Et s'ils ont un gosier, il n'a point d'ouverture Par où leur voix daigne sortir.
Deviennent tous pareils à ces vaines idoles Ceux qui leur donnent l'être et les font adorer I Devienne tout semblable à tous ces dieux frivoles Quiconque en eux veut espérer !
La maison d'Israël a mis son espérance Aux suprêmes bontés du souverain Auteur; Et son bras tout-puissant l'a'mise en assurance : Il s'en est fait le protecteur.
La famille d'Aaron y met son espérance , Elle n'attend secours ni faveur que de lui; Et son bras tout-puissant la met en assurance : Il lui sert d'invincible appui.
Tous ceux qui craignent Dieu mettent leur espérance Au suprême pouvoir de son bras souverain ; Et ce Dieu juste et bon les met en. assurance, Et pour appui leur tend la main.
Il nous tient à tel point {gravés dans sa mémoire, Qu'il ne peut oublier nos bonnes actions, Et nous comble ici-bas, en attendant sa gloire, De mille bénédictions.
Aux enfants d'Israël il prodigue ses grâces, Il entend leur prière, il bénit leurs lerveurs ; Et sur les fils d'Aaron, qui marcbent sur ses traces, Il verse les mêmes faveurs.
Il en est libéral par toutes nos provinces A ceux dont Tame sainte exalte et craint son nom; Aux petits commeaux grands, aux bergers comme aux princes, II départ ce précieux don.
Puisse de jour en jour sa bonté souveraine, Oui vous attaclie à lui par des liens si doux. Et redoubler ce don, et Tépandre à main pleine Sur vos fils ainsi que sur vous !
Entre les nations dont il peuple le monde Il lui plut vous bénir comme ses bien-aimés \ Et quand il a formé le ciel, la terre, et Tonde, C'est pour vous qu'il les a formés.
Ce Créateur de tout, ce maître du tonnerre, S'est réservé la-liaut le ciel pour habit(^r: Mais se le réservant, il vous donne la u rre; C'est de là qu'il y faut monter.
4o6 POÉSIES DIVERSES
Cependant chez les morts il n'est aucune flamme Qui ranime, Seigneur, ton sacré souvenir, Et sous un froid tombeau qui couvre un corps sans ame On n apprend point à te bénir :
C'est à nous qui vivons à te rendre un hommage De louange et de gloire aussi bien que d encens ; C est à ceux qui vivront à t'ofFrir d'âge en âge Un tribut de vœux innoœnts.