‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 112 sur 278 · ACTE III, SCÈNE VI. 22S · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI. 22S

Votre exemple est ma loi , vous vivez et je vi ' ;' Et si vous fussiez mort je vous aurois suivi : Mais si je vis encor, ce n'est pas pour vous suivre; Je vis pour vous punir de trop aimer à vivre; Je vis peut-être encor pour quelque autre raison Qui se justifiera dans une autre saison.

Un Romain nous écoute; et, quoi qu on Vjeuille en croire, Quand il en sera temps je mourrai pour ma gloire. Cependant, bien qu'un autre ait le titre d'époux. Sauvez-moi des Romains, je suis encore à vous; Et je croirai régner malgré votre esclavage, Si vous pouvez m'ouvrir les chemins dé Carthage, Obtenez'de vos dieux ce miracle pour moi, "

Et je romps avec lui pour vous rendre ma foi. '^ «leTaimai; mais ce feu dpnt je.fus la maltiresse, Ke met point dans mon cœ.ur dé honteuse tendresse ; ^oute ma passion est pour la liberté, ^t toute mon horreur pour la captivité.

Seigneur, après cela je n ai rien à vous dire : *^^r ce nouvel hymen vous voyez où j'aspire ; ^^ous savez les môyen$ d'en rompre le lien :

ftéglez-vous là-dessus 'sans vous plaindi^e de rien*.

' n est bon ([ue, dans la poésie, on puisse supprimer ou ajouter ^^s lettres selon le besoin^ sans nuire à Tharmonie ; Jefai^Je vi, i* croi, je doij ^our je fais y je vis y je croiSyje dois y etc.

* Cette scène n*est pas de la froideur des autres, par cette seule

^^isoD que la situation est embarrassante ; mais cette situation n*est

^ noble, ni tragique; cUe est révoltante, elle tient du comique. Un

^eux mari qui vient revoir sa femme, et qui la trouve mariée à un

^^tre, ferait aujourd'burun effet très ridicule. On n'aime de telles

*^eniDres que dans les ronfe* de l^a Fontaine et dans dos farces.

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