‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 113 sur 278 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

SYPHAX, LÉPIDE; gardes.

SYPHAX

A-t-on vu sous le ciel plus infeme injustice?

Ma déroute la jette au lit de Massinisse ;

Et, pour justifier ses lâches trahisons,

Les maux qu'elle a causés lui servent de raisons !

LÉPIDE

Si c'est avec chagrin que vous souffrez sa perte, Seigneur, quelque espérance encor vous est offerte Si je Tai bien compris , cet hymen imparfait N'est encor qu'en parole, et n'a point eu d'effet; Et comme nos Romains le verront avec pe'ine, Ils pourront mal répondre aux souhaits de la reine. Je vais m'assurer d'elle, et vous dirai de plus Que j'en viens d'envoyer avis à Laelius ; J'en attends nouvel ordre, et dans peu je l'espère.

SYPHAX

Quoi ! prendre tant de soin d'adoucir ma misère ! Lépide , il n'appartient qu'à de vrais généreux

Les mots de roi, de couronne y de diadème y loin de mettre de dignité dans une aventure si peu tragique , ne servent qu'à fa* mieux sentir le contr.nste de la tragédie et de la comédie. Syph* est si prodigieusement avili, qu'il est impossible qu'on prenne à I le moindre intérêt. Pour peu qu'on pèse toutes ces ruisonS) ^ verra qu'à la longue une nation éclairée est toujours juste, et q^ c'est en se formant le goût que le public a rejeté Sophonisbe^

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