‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 123 sur 278 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MASSINISSE, SOPHONISBE, MÉZÉTULLE,

HERMINIE

MASSINISSE, à Lœlius qui sort. Voyez-la donc, seigneur, voyez tout son mérite. Voyez s'il est aisé qu'un héros.... Il me quitte. Et d'un premier éclat le barbare alarmé N'ose exposer son cœur aux yeux qui m'ont charmé. Il veut être inflexible, et craint de ne plus l'être, Pour peu qu'il se permît de voir et de connoîti*e. Allons, allons, madame, essayer aujourd'hui Sur le grand Scipion ce qu'il a craint pour lui '. Il vient d'entrer au camp; venez-y par vos charmes Appuyer mes soupirs, et secourir mes larmes; Et que ces mêmes yeux qui m'ont fait tout oser, Si j'en suis criminel, servent à m'excuser.

Puissent-ils, et sur l'heure, avoir là tant de force, Que pour prendre ma place il m'ordonne un divorce, Qu'il veuille conserver mon bien en me l'ôtant! J'en mourrai de douleur, mais je mourrai content.

' Quoi ! Massinisse, apprenant que le jeune Scipion arrive, conseille; à sa femme d'aller lui faire des coquetteries, et de tâcher d'avoir eu un jour trois maris! Sophonisbe répond noblement; mai' toute la {jrandpur de Corneille ne pounrait ennoblir cette scène i qui commence par une proposition si lâche et si ridicule.

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