‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 135 sur 278 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LiELIUS, ÉRYXE, LÉPIDE, BARCÉE.

LiELIUS.

Lépide, ma présence est pour elle un supplice.

ÉRTXE.

Vous a-t-on dit, seigneur, ce qu'a fait Massinisse?

LiELIUS.

J'ai su que pour sortir d'une témérité Dans une autre plus grande il s'est précipité. Au bas de l'escalier j'ai trouvé Mézétulle; Sur ce qu'a dit la reine il est un peu crédule : Pour braver Massinisse elle a quelque raison De refuser de lui le secours du poison; Mais ce refus pourroit n'être qu'un stratagème, Pour faire malgré nous son destin elle-même.

Allez l'en empêcher, Lépide; et dites-lui

' Cette fin de la pièce est, quant au fond, très inférieure à celle de Mairet ; car du moins Massinisse , dans Mairet , est au désespoir; il montre aux Romains sa femme expirante, et il se tue auprès d'elle : mais ici Sophonisbe parle de Massinisse comme du dernier des hommes ; et cet homme si méprisé épouse Ëryxe. La pièce de Corneille finit donc par le mariage de deux personna{;ei dont personne ne se soucie : et Corneille a si bien senti combien Massinisse est bas et odieux, qu'il n'ose le faire paraître ; de sortf^ qu'il ne reste sur la scène qu'un Lxlius, qui ne prend nulle part au dénouement, la froide Éryxe, et des su)>altcrnes.

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