‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 137 sur 278 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

LiELIUS, ÉRYXE, BARCÉE. ^

LALIUS.

Et VOUS, grande princesse, Si des restes d'amour ont surpris un vainqueur, Quand il devoit an vôtre et son trône et son cœur, Nous vous en avons fait assez prompte justice Pour obtenir de vous que ce trouble finisse.

Et que voue fassiez grâce à ce prince inconstant, Qui se vouloit trahir lui-même en vous quittant.

ÉRYXE.

Vous auroit-il prié, seigneur, de me le dire?

LiELIUS.

De l'effort qu'il s'est fait il gémit, il soupire; Et je crois que son cœur, encore outré d'ennui, Pour retourner à vous n'est pas assez à lui :

a58 gOPHORISBE.

Maiîi di cette bonté qn eut pour lui votre ftin>ine Aidoit à sa raison à rentrer dans son ame, Nous aurions peu de peine à rallumer des feux Que n'a pas bien éteints cette erreur de ses vœux.

ÉRTXE.

Quand d'une telle erreur vous punissez laudace. Il vous sied mal pour lui de me demander grâce: Non que je la refuse à ce perfide tour; f /hymen, des rois doit être au-dessus de Famour; Et je sais qu en un prince heureux et magnanime Mille infidélités ne sauroient faire un crime: Mais, si tout inconstant il est digne de moi. Il a cessé de Tétre en cessant d'être roL

LJR1AVS.

Ne Test-il plus, madame? et si la Gétulie Par votre illustre hymen à son trône s'allie, Si cdui de Syphax s'y joint dès aujourd'hui, Kn estril sur la terre un plus puissant que lui?

ÉRYXE.

Kt de quel front, seigneur, prend-il une couronne^ S'il ne peut disposer de sa propre personne.

S'il lui faut pour aimer attendre votre choix, Kt que ju8({u'en son lit vous lui fassiez des lois? Un sceptre compatible avec un joug si rude N'a ri(;n ti me donner que de la servitude; Ki si votre prudence ose en faire un vrai roi. Il est II Soplionisluî, et ne peut être à moi. Jiiloum* HeuleuKîUt do la grandeur royale, J(« hi rc'ijiirde en reine, et non pas en rivale; •f(* vois (hiiis son destin le mien enveloppé,

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