‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 138 sur 278 · ACTE V, SCÈNE VII. aSg · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII. aSg

Et du coup qui la perd tout mou cœur est frappé.

Par votre ordre on la quitte; et cet ami fidèle

Me pouri*oit, au même oixlre, abandonner comme elle.

Disposez de mon sceptre, il est entre vos mains : Je veux bien le porter au gré de vos Romains. Je suis femme, et mon sexe accablé d'impuissance Ne reçoit point d'affront par cette dépendance; Mais je n'aurai jamais à rougir d'un époux Qu'on voie ainsi que moi ne régner que sous vous.

LiELIUS.

Détrompez-vous, madame; et voyez dans l'Asie

Nos dignes alliés régner sans jalousie,

Avec l'indépendance, avec l'autorité

Qu'exige de leur rang toute la majesté.

Regardez Prusias, considérez Attale,

Et ce que souffre en eux la dignité royale :

Massinisse avec vous, et toute auti*e moitié,

Recevra même honneur et pareille amitié.

Mais quant à Sophonisbe, il m'est permis de dire

Qu'elle est Carthaginoise; et ce mot doit suffire.

Je dirois qu'à la prendre ainsi sans notre aveu. Tout notre ami qu'il est, il nous bravoit un peu; Mais, comme je lui veux conserver votre estime, Autant que je le puis je déguise sou crime.

Et nomme seulement imprudence d'état Ce que nous aurions droit de nommer attentat. Mais Lépide déjà revient de chez la reine.

26o SOPHONISBE.

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